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Programmation 2006-2009 Retour

Améliorer la participation des pays francophones en développement aux processus de régulation multilatérale

Dernière mise-à-jour: 9 janvier 2006

Directeur adjoint chargé de la programmation, à l'IEPF: BONFILS, Sibi

Le programme s'inscrit ainsi dans le cadre de l'objectif stratégique du Cadre Stratégique Décennal (CSD) appelant à « contribuer à l'intégration des PED/PMA francophones à l'économie mondiale » et particulièrement à « améliorer la capacité des États à faire valoir leurs intérêts (….) et à susciter des concertations permettant l'échange d'information et, le cas échéant, le développement de positions convergentes lors des forums internationaux "».

Les négociations internationales sur l'environnement mondial et sur le commerce connaissent un rythme très dense et très exigeant, même pour les pays développés. Ce rythme devrait se maintenir, voire s'accélérer avec le nouveau calendrier des rencontres internationales prévues, autour du cycle de Doha du Sommet de Johannesbourg, de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ainsi qu'autour des trois grandes conventions issues du Sommet de la Terre (Rio, 1992). Ces négociations sont également caractérisées par la complexification croissante des enjeux, dont les dimensions multiples nécessitent des domaines de compétence aussi nombreux et parfois pointus, que variés. Or, nos pays membres en développement participent à ces négociations avec des délégations très peu nombreuses et peu préparées. Le besoin de disposer de plus d'occasions de rencontres informelles, de préférence transversalement aux groupes constitués, pour favoriser des rapprochements et ainsi faciliter les négociations formelles, est exprimé de manière de plus en plus marquée par la plupart des pays, quel que soit leur profil. C'est dans cet esprit que les concertations francophones sont organisées.

S'il est vrai que ces concertations ne donnent pas systématiquement lieu à des positions communes à l'intérieur de la Francophonie, en raison, souvent, d'intérêts et donc de positionnements différents selon l'appartenance des pays à tel ou tel autre cercle de solidarité spécifique, elles n'en constituent pas moins des moments privilégiés d'information, de formation ou tout simplement de "désenclavement" des négociateurs francophones du Sud, confrontés à un problème d'isolement, dans des délégations trop réduites pour suivre l'ensemble des travaux à l'intérieur des divers groupes formels ou informels de négociation. Ces concertations peuvent également donner lieu parfois à un rapprochement des positions des uns et des autres, voire même, dans certains cas à l'adoption de positions convergentes de la Francophonie permettant l'élaboration d'une stratégie d'intervention de cette dernière dans le débat mondial.

L’agenda des négociations commerciales internationales est particulièrement chargé pour la période 2006-2009, surtout pour les pays francophones en développement. Certains négocient leur accession à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) tandis que d’autres doivent faire face aux négociations du cycle de Doha ou mener de front les négociations d’accords de partenariat économiques avec l’Union Européenne à l’échéance de décembre 2007, sinon avec les États-Unis ou la Chine. Les organisations d’intégration régionale, chefs de file de la plupart de ces négociations sont appelées à jouer un rôle moteur dans la réflexion stratégique, la coordination des positions nationales et la mise en œuvre des négociations commerciales. Alors que la pression sur les personnes ressources disponibles ira crescendo, la multiplicité des fronts de négociations et l’obligation d’exécuter les engagements déjà souscrits risquent d’éroder les capacités existantes. Cette situation entraînerait éventuellement un rapport coût/avantage en défaveur des pays insuffisamment préparés.

L'ensemble de ces questions fondamentales fait l'objet de négociations internationales qui mobilisent depuis de nombreuses années l'ensemble des pays, y compris ceux de la Francophonie. Les arènes de négociation qui les abordent, répondent à des modes de fonctionnement particuliers et voient leurs contenus se complexifier au fil des années.

Le principal défi pour tout pays participant à ces négociations réside donc dans sa capacité institutionnelle et politique à définir une stratégie globale au niveau national, passant par une identification adéquate des besoins et des objectifs, puis par la construction d'une stratégie d’influence. Pour les pays les moins avancés, cette difficulté est souvent accentuée par le fait qu'ils éprouvent des difficultés pour la constitution de leurs délégations, en raison notamment de la faiblesse du vivier de compétences techniques et linguistiques disponibles. Or, créer de telles conditions commence par l'appui à une participation active et à une implication forte des pays membres du Sud aux réunions internationales, ainsi que par le renforcement de leur capacité de négociation.

Pour la période visée par le cadre stratégique décennal, 2006-2015, l'effort portera de façon privilégiée sur le déficit d'information en ce qui concerne notamment les grands enjeux qui gouvernent les négociations, les règles du jeu et les modes de fonctionnement, ainsi que les pratiques efficaces. Des publications spécifiques et des ateliers d'échanges organisés en dehors des arènes de négociation, aux niveaux national et sous-régional, permettront de répondre à ce besoin.

En renforçant les synergies et les partenariats stratégiques dans la mise en oeuvre d'initiatives régionales prioritaires, l'implication des grandes entités régionales comme l'Union Africaine à travers le Nepad, et des organisations scientifiques notamment à travers l'AUF, sera recherchée et organisée dans des champs de compétence de chaque partenaire. Des stratégies spécifiques seront mises en oeuvre pour associer les organisations de la société civile (ONG) et le secteur privé à la construction des stratégies nationales de négociation. L'isolement des délégations du Sud et le déficit de l'expertise seront ainsi jugulés, les efforts nécessaires (études, définition de position et de stratégies de négociation) pouvant être mutualisés à ces différents niveaux.

Les rencontres en marge des sessions de négociation seront maintenues pour autant cependant que les enjeux l'exigent. Elles seront renforcées en mettant plus d'accent sur leur préparation, notamment quand elles doivent impliquer les niveaux politiques.

Des centres de ressources, spécialisés par arènes de négociation, seront mis à contribution pour garantir la régularité et la pérennité des efforts, notamment en ce qui concerne les publications, les ateliers d'échanges et la préparation des concertations.

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