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Chapitre 4 – Les services d’approvisionnement
P o i n t s d e r e p è r e
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travail à près de 4 000 personnes, sans compter les nombreux emplois à temps
partiel et les agriculteurs auxquels le bois fournit un complément de revenu.
Le potentiel d’activités est loin d’être épuisé, puisque seulement la moitié des
arbres arrivés à maturité sont aujourd’hui utilisés. Un élément clé du modèle
est que le secteur de la construction d’édifices publics est le premier client de
l’innovation. Cela crée un marché et un lieu de démonstration de techniques
qui peuvent être exportées par la suite.
Ce succès remarquable est-il transposable ? En Lorraine, département
français lui aussi fortement touché par des crises industrielles, les acteurs de la
filière bois se sont regroupés autour des maisons de formation. La construc-
tion en bois y est de plus en plus perçue comme un atout par les instances
politiques de tous les niveaux et elle s’inscrit dans la mise en valeur de cette
ressource locale. Là aussi, le secteur de la construction publique et les élus
sont demandeurs d’innovations mettant en vedette le bois un produit régional
dont on est fier.
Ce modèle est transposable. Il l’est, si l’on redonne au bois, non pas
une image de matériau «
de pauvre »
, mais une image de modernité à travers
l’architecture. Ce modèle est possible si, contrairement à ce qui se construit
sur la plupart des chantiers du monde dans les pays du Sud, le bâtiment qui
surgit de terre ne constitue pas une baisse irrémédiable de la qualité visuelle de
l’environnement où il est censé s’intégrer. Il est possible de penser la construc-
tion, avec le bois, qui soit réalisable en se passant de tout l’attirail coûteux et
polluant de la construction industrialisée en béton armé, parpaing, tôle, acier,
verre, plastique qui ajoute la laideur à la misère.
Triboulot évoque à titre d’exemple le travail d’Anna Heringer au
Bangladesh. Elle a décidé, pour offrir aux paysans les plus pauvres de la pla-
nète les moyens de se sortir de la misère par eux-mêmes, de tourner le dos
aux techniques que l’on utilise dans le monde développé et qui ont fait oublier
des savoir-faire millénaires malheureusement désappris. Elle a repensé inté-
gralement le problème de la construction en s’inspirant des techniques ver-
naculaires. Elle a recréé une architecture manuelle, écologique, participative,
moderne, qui est basée sur une règle sans concession : l’utilisation exclusive
de matériaux locaux. Le résultat est beau, utile, durable. L’architecture, l’ingé-
nierie deviennent un art au service de l’humain en mettant l’intelligence au
service de ce qui existe localement : les ressources et les hommes.
Dans l’ensemble des fonctionnalités des forêts du monde, dans la
recherche permanente des éléments pouvant contribuer au développement
durable, il est plus que jamais utile de redonner au bois la modernité d’un
matériau fait pour construire et capable de satisfaire les besoins humains.
C’est incontestablement l’architecture qui peut en être le moteur.