Intervention 16 mars 2023 Niger
VSF Niger
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Appui aux chaînes de valeur agropastorales au Sahel

Renforcer les capacités des jeunes francophones en agriculture durable et intégrée pour accroître l’adaptation et la résilience climatique des systèmes alimentaires

Contexte et enjeux

L’élevage est pratiqué par la majorité des populations actives des pays du Sahel comme activité principale, ou activité secondaire après l’agriculture. Au Niger, il contribue autour de 11% au Produit Intérieur Brut et 62% des recettes d’exportations des produits du secteur rural et 21% de l’ensemble des produits d’exportation (SDDEL, 2013). Le secteur de l’élevage est incontournable dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté avec une contribution moyenne de 15% aux revenus et 25% à la satisfaction des besoins alimentaires des ménages.

La production agropastorale repose sur un système extensif à faible productivité, porté essentiellement par de petites exploitations familiales et des jeunes promoteurs d’entreprises dans les filières bétail et aviculture. Ils sont confrontés à la pauvreté des sols, l’irrégularité des pluies, la non-maitrise de l’eau, une méconnaissance des bonnes techniques d’élevage due à l’insuffisance du dispositif d’appui conseil de proximité. Toutes ces contraintes sont accentuées par les effets du changement climatique engendrant un déficit fourrager et alimentaire.

Par ailleurs, les grandes sécheresses ont poussé les pasteurs à modifier sensiblement les zones et la durée des transhumances en fonction de l’accès aux points d’eau et de la disponibilité des pâturages. On observe une plus forte concentration, sur une durée plus longue, des troupeaux autour des points d’eau permanents, qui entraîne une dégradation des ressources naturelles environnantes. La pression démographique et agricole très élevée en de nombreux endroits contribue à accentuer la concurrence entre terres agricoles et pâturages et à limiter l’accès aux points d’eau pour le bétail.

Parallèlement, l’intégration agriculture-élevage se développe par la sédentarisation des communautés pastorales qui associent dans leurs activités, des pratiques agricoles plus productives en complément à l’élevage. L’extension des superficies cultivées et la réduction des parcours naturels favorisent l’utilisation des sous-produits agricoles et agro-industriels. Les résidus de cultures sont ramassés et stockés alors que la fumure organique est mieux valorisée dans les perspectives d’une utilisation plus efficiente des terres grâce à la petite mécanisation (traction animale). Dans le système agropastoral où la culture attelée a eu un essor remarquable, les paysans s’occupent davantage de l’alimentation de leurs bœufs de labour et de la productivité de leur bétail en lait et en viande.

Pour faire face à ces défis, Vétérinaires Sans Frontières – Belgique met en œuvre à Tillabéri et Dosso, le projet d’Appui intégré à la sécurité alimentaire et à la résilience par l’élevage familial (AISAREF) à travers la promotion de l’entreprenariat dans les filières lait, volaille et aviculture. Il est attendu de stimuler la production et de structurer durablement l’offre urbaine des produits d’élevage respectueuses de l’environnement avec une intégration agriculture – élevage. Cela se fait à travers la mise en place d’un appui conseil à la production et la gestion de leurs exploitations familiales à travers les Champs écoles agro-pastoraux (CEAP) tout en y intégrant les risques sanitaires et climatiques, mais aussi et surtout la disponibilité en eau.

A cet effet, un partenariat avec « TECH-INNOV », une entreprise spécialisée dans la promotion et la commercialisation de solutions technologiques agricoles et d’irrigation permettra de soutenir la formation des bénéficiaires sur les innovations agricoles et la maitrise de l’eau ; et dans la mesure du possible, aider les jeunes dans l’utilisation des solutions pour une amélioration de leurs pratiques agricoles et de leur rendement.

Tirant partie des acquis du projet AISAREF, l’action « Appui aux chaines de valeurs agropastorales au sahel » soutient les actions de renforcement des capacités des jeunes dans les CEAP et de promotion des meilleures entreprises rurales des jeunes apprenants des CEAP pour l’application et la mise à l’échelle des bonnes pratiques en agriculture verte.

Par ailleurs, dans le cadre du cours de gestion du développement agricole et rural de la Faculté des sciences de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Université Laval (Canada-Québec), une équipe de cinq (5) étudiants (Ana, Awa, Béatrice, Danielle Claude et Rosemarie) s’est intéressé aux avenues possibles pour limiter ou réduire le problème de conflit agropastoral au Niger en se penchant sur les causes, les manifestations, et les conséquences de ces conflits.

L’objectif général est de contribuer à l’autonomisation économique des jeunes âgés de 18 à 35 ans et inclus des jeunes femmes, du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal et fragilisés par les effets du changement climatique par l’appui au développement des chaînes de valeurs agropastorales.

De façon spécifique, il s’agit de :

  • Former et incuber 40 jeunes d’Afrique de l’Ouest et 20 femmes nigériennes sur une période de six (6) mois sur les bonnes pratiques agropastorales pour une intégration agriculture – élevage respectueuse de l’environnement ;
  • Accompagner les 60 jeunes et femmes bénéficiaires formés, dans la mise en place et la gestion de leur exploitation agropastorale, sur une période de quinze (15) mois ;
  • Soutenir financièrement et promouvoir 10 exploitations agropastorales exemplaires mises en place par les jeunes formés pour soutenir le développement des chaînes de valeur agropastorales au Sahel.

Les bénéficiaires des actions de renforcement des capacités du projet seront des jeunes (homme et femmes) de 18 à 35 ans, issus de la présélection de soixante (60) jeunes dont quarante (40) jeunes ayant suivi et validé au moins un parcours de formation en ligne de l’IFDD et vingt (20) jeunes ruraux issus des CEAP. Sur la base d’un document de micro-projet d’insertion mettant en valeur leurs démarches de mise en application des connaissances, dix (10) meilleurs promoteurs, dont cinq (5) jeunes femmes, seront soutenus financièrement.

 

Résultats attendus

  • Les capacités de 60 jeunes sont renforcées, notamment en GERME, en conduite d’élevage et l’intégration agriculture – élevage, en gestion des ressources énergétiques et en eau.
  • Dix (10) excellentes exploitations agricoles sont appuyées pour une intégration agriculture – élevage.

Documents clés

  • Rapport du mandat d’un groupe de 5 étudiants de l'Université Laval sur les conflits agropastoraux au Niger

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  • Sélection des 10 microprojets

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Actions structurantes de terrain

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