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Figure 27.
Évolution de la proportion de Grevillea robusta dans les plantations
sous 2 scénarios différents.
La résultante des choix individuels des planteurs ayant participé aux ateliers de Modélisation d’Accompagnement nous
permet de suggérer les évolutions futures du couvert arboré des plantations selon que les planteurs obtiennent ou non les
droits sur les arbres. Les résultats présentés ici sont ceux d’une séance de jeu, organisée à Ponampet en novembre
2010. Lorsque les planteurs n’ont pas le droit de couper et de vendre les espèces natives (Business as Usual), la
proportion de Grevillea robusta augmente doucement et semble se stabiliser. Ce plateau est en fait dû à l’absence de
mortalité naturelle des arbres dans ce modèle simplifié. Quand les mêmes planteurs se retrouvent dans une position où
les services forestiers ne contrôlent plus leurs actions, où ils peuvent librement couper et commercialiser les espèces
natives au même titre que le Grevillea robusta, la proportion de Grevillea robusta augmente rapidement, et ce pendant
tout le long de la simulation. De tels résultats suggèrent que des mesures d’accompagnement doivent être mises en place
pour les droits puissent être restitués aux planteurs sans effet négatif sur la biodiversité.
En cas de restitution des droits aux planteurs, on observe tout d’abord une réponse de libération.
Immédiatement après avoir libéré le commerce des espèces natives, les planteurs coupent en
masse. Cela augmente sensiblement leurs revenus. Dans un deuxième temps, les producteurs
reprennent l’effort de plantation pour reconstituer le couvert, assurant le maintien des arbres dans
le système. Cependant, ils choisissent massivement de replanter du
Grevillea robusta
, accélérant
la transformation du système et la perte de la biodiversité (figure 27). Encore une fois, un
arbitrage est fait par chaque planteur, entre la conservation de la biodiversité et sa situation
économique. La rotation rapide permise par la croissance rapide du
Grevillea robusta
améliore
leurs rentrées d’argent, sans conséquences négatives visibles au niveau de la plantation. Les
peurs des services forestiers sont donc partiellement fondées.
Ces résultats, qui illustrent des tendances et des stratégies, ne sont bien entendu pas des
prédictions. Ils montrent cependant que si la restitution des droits sur les arbres aux planteurs
semble incontournable sur le moyen terme sur le plan politique, elle doit s’accompagner de
mesures pour en atténuer les impacts environnementaux négatifs.