Page 102 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_03

Basic HTML Version

3-99
et de l’offre hôtelière (Leroy et al., 2011). Mais nous ne savons pas si les visiteurs feraient la
différence entre des systèmes de production intensifs ou pas, entre des systèmes à grande
biodiversité ou pas.
Fin 2011, l’Université de Sciences Agricoles de Bangalore et ATREE, une ONG, ont lancé une
étude de faisabilité pour la mise en place de mécanismes de PSE, en s’appuyant sur les résultats
produits par CAFNET. S’il aboutit, ce mécanisme serait une première en Inde.
Conclusion
Afin de comprendre les dynamiques du système écologique et social de Kodagu, nous avons
employé une approche transdisciplinaire. Partant de constats sur les dynamiques écologiques
obtenus par analyse spatiale et par inventaires floristiques, nous avons mis en évidence trois
grandes dynamiques : (1) la conversion des forêts en plantations de café, maintenant
pratiquement aboutie puisque ne subsistent pratiquement que les forêts sous contrôle de l’État,
(2) le remplacement des espèces natives de couverture par une seule espèce, le
Grevillea
robusta,
et (3) la diminution du couvert arboré et l’intensification des plantations.
L’analyse des contraintes agronomiques, économiques, législatives, sociales, qui pèsent sur les
acteurs a permis de comprendre les moteurs de ces dynamiques. La résultante est préoccupante
pour l’environnement, et ce constat, partagé par les acteurs locaux conduit a explorer des pistes
pour inverser la tendance et préserver la biodiversité du système de production avant qu’elle ne
soit perdue. Plusieurs pistes sont explorées par différents acteurs, que nous avons évoqués ici
brièvement. Certaines laissent entrevoir des pistes prometteuses pour concilier conservation et
développement, comme l’association de restitution des droits et de mécanismes de paiement
pour services environnementaux pour en atténuer les impacts négatifs.
Dans tous les cas, l’innovation et les changements dans les systèmes de gestion ne peuvent
avoir lieu que si des champions portent les initiatives localement. Il faut ensuite que les
contraintes, opportunités et savoirs locaux soient parfaitement intégrés à la réflexion, faute de
pouvoir remporter l’adhésion des premiers concernés, les planteurs. Afin de construire une
alliance durable entre le monde de la conservation et les producteurs, il faut que les intérêts des
uns et des autres soient bien compris et pris en compte. C’est une évidence, mais trop de projets
de conservation capotent, y compris dans cette zone, parce qu’ils avaient négligé de prendre en
compte les objectifs et contraintes des producteurs.
Remerciements
Nous remercions toute l’équipe Biodivalloc et CAFNET pour leur travail sur les systèmes
agroforestiers de Kodagu, ainsi que les fermiers qui nous ont patiemment accompagnés au cours
de ces 5 dernières années. Cet article est le fruit d’une collaboration entre les projets
BIODIVALLOC (ANR Biodiversité 2005) et CAFNET (EuropAid 2006).