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4 - Tenir compte des incertitudes
De fortes incertitudes sont associées au concept de service écosystémique, car il y a encore des
incertitudes scientifiques qui portent sur les dynamiques sous-jacentes à la production des
services
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. Pour les auteurs Barnaud C.
,
Antona.
et
Marzin J., dans de nombreuses situations, les
scientifiques ne sont pas en mesure d’énoncer avec certitude des relations de cause à effet entre
l’état d’un écosystème et la fourniture effective d’un service, soit parce que les connaissances
sont insuffisantes, soit parce que les systèmes considérés sont par nature imprédictibles.
On note une importance des incertitudes sociétales associées à ce concept, c’est-à-dire
l’existence de perceptions différenciées, voire contradictoires, avec des controverses d’une part
autour du concept même de service et de la place de l’homme dans les écosystèmes, et d’autre
part autour des dispositifs de gouvernance issus de ce concept, tels que les paiements pour
services environnementaux (Barnaud C. et al., 2011).
Il est donc très utile de s’interroger sur les incertitudes associées à ce concept qui tendent à être
négligées du fait de l’existence même du concept et de son succès. Au sein de la communauté
scientifique, les divergences portent notamment sur le rôle et la place de l’homme dans les
écosystèmes : les services sont produits par la nature pour les uns, par les hommes pour les
autres.
La Francophonie peut contribuer à aider les pays à légiférer sur la forêt, l’eau et les services
écosystémiques afin d’avoir des politiques et un cadre juridique efficaces sur la foresterie. Elle
peut aussi contribuer à développer des méthodes visant explicitement à mettre en débat
conjointement les incertitudes scientifiques et sociétales associées au concept de services
écosystémiques des forêts, en amont de tout dispositif politique ou de gestion reposant sur ce
concept.
La famille de la Francophonie est un cadre concret et dynamique à partir duquel il est possible et
souhaitable d’harmoniser les points de vue et de réconcilier le présent avec l’avenir en ajustant
nos attitudes, nos comportements, nos activités économiques et sociales pour mettre en valeur la
diversité de la vie, comme base essentielle d’un développement durable.
Les modes d’utilisation des sols sont en évolution constante particulièrement en Afrique et en
Asie. Ces changements ont un impact environnemental local, régional et international
extrêmement fort (UICN. 2009). Maintenir un taux de croissance raisonnablement élevé qui
permet de répondre aux besoins d’une population mondiale en forte progression, tout en assurant
l’intégrité des ressources naturelles, particulièrement les forêts, est un des principaux défis que
doivent relever plusieurs institutions à travers leur plan d’action pour l’environnement.