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être trouvés au Bénin, en Érythrée, en Guinée, à l’Ile Maurice et en Sierra Leone. À Maurice, les
programmes de reboisement ont été entrepris dans les années 1980 et continuent aujourd’hui
(FAO, 2007). L’expansion naturelle des mangroves est très rare en Afrique. Le Plan d’Action
National d’Adaptation aux Changements Climatiques du Sénégal 2006 estime à 208 000 USD la
restauration de 500 ha de mangroves. Une collaboration entre le gouvernement du Sénégal,
Danone et la Convention de Ramsar permet une restauration en cours de mangroves.
1.2-
Les Forêts de mangroves en Asie
Au total, 25 pays de l’Asie abritent des mangroves réparties sur une large gamme de conditions
climatiques, des zones arides (la péninsule arabique) aux zones subtropicales (Chine, Japon) et
aux zones tropicales humides (Asie du Sud-est)
(Spalding et al., 2010). La longueur considérable
du littoral et de la multitude d’îles, de baies abritées, de plaines alluviales, de deltas et d’estuaires
font de cette région un habitat idéal pour le développement des mangroves. Certaines des plus
grandes forêts de mangroves du monde se trouvent en Asie, la plus connue étant la région des
Sundarbans avec une forêt transfrontalière qui couvre environ 1 million d’hectares au Bangladesh
et en Inde (FAO, 2007). Environ 60 % de cette forêt se trouve au Bangladesh, où elle est
protégée et est à la fois un site Ramsar, depuis 1992, et un site du patrimoine mondial depuis
1997. La mangrove de Matang Forest Reserve, couvrant plus de 40 000 hectares, est
communément connue comme la forêt de mangroves la mieux gérée en Malaisie et dans le
monde entier. Le tableau production durable de bois est dressé dans le document World Atlas of
Mangroves.
Les principales causes de disparition des mangroves dans cette région sont présentées dans le
livre World Atlas of Mangroves. La pollution industrielle et la salinité croissante due à la
construction de barrages constituent d’autres menaces. La Malaisie a perdu environ 110 000 ha
de mangroves de 1980 à 2005. Durant la première décennie (1980-1990), les pertes de
mangroves ont été principalement dues à la reconversion des terres pour l’agriculture, pour les
étangs de crevettes ou pour le développement urbain. Toutefois, la sensibilisation sur les
services et les avantages fournis par les mangroves est en croissance et même si beaucoup
reste à faire, la conservation et la restauration sont entreprises dans de nombreux pays. Par
exemple, en 1990, une collaboration entre le gouvernement du Pakistan et de l’UICN a facilité la
réhabilitation de 19 000 ha de
Avicennia marina
et
Rhizophora mucronata
(FAO, 2005). En 1999,
environ 17 000 ha ont été restaurés dans le delta de l’Indus, grâce au soutien de la Banque
mondiale (FAO, 2007).
Le Vietnam fait des efforts considérables pour restaurer ses forêts; ses activités de boisement ont
commencé en 1975, après l’unification du pays, et ont connu une extension au début des années
1990, lorsque le Gouvernement du Vietnam a réhabilité près de 53 000 ha de mangroves (FAO,
2007). Au cours des dernières décennies, diverses ONG nationales et internationales ont