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sont donc autorisées les activités éco-touristiques et scientifiques. L’ensemble de ces activités
compose un scénario particulier de gestion de cet espace, dénommé « scénario avec PNI » par
la suite.
La création du PNI empêche la mise en œuvre d’un certain nombre d’activités qui sinon auraient
eu lieu, par exemple l’exploitation forestière et les prélèvements par les populations locales. Ces
modes d’usage alternatifs de l’espace du PNI composent un deuxième scénario de gestion de ce
massif forestier, le « scénario sans PNI ».
Ces deux scénarios d’utilisation de l’espace du PNI vont produire des bénéfices économiques
différents. Identifier puis estimer monétairement ces bénéfices spécifiques revient à calculer la
Valeur Economique Totale (VET) du PNI dans ces deux configurations. Le but de cette double
estimation est de savoir si les bénéfices attendus du parc national - c’est-à-dire la VET du
scénario avec PNI - sont bien supérieurs à ceux qui auraient découlé d’une utilisation standard de
ce massif forestier - c’est-à-dire la VET du scénario sans PNI.
Le concept de VET a été encore peu mis en œuvre en Afrique centrale. Il regroupe tous les
bénéfices économiques à attendre d’un « actif naturel » et se compose schématiquement de
plusieurs catégories de valeur : (1) les valeurs d’usage direct et indirect représentent les
avantages tirés de l’environnement par l’utilisation directe ou indirecte que les agents
économiques font des ressources de l’environnement; (2) la valeur d’option correspond aux
bénéfices économiques dont profitent les agents de conserver l’option d’un usage futur probable
d’une ressource; (3) les valeurs de non-usage regroupent les bénéfices que va tirer un agent du
maintien dans le temps de la disponibilité d’un bien, sans que celui-ci soit destiné à être utilisé.
Ce concept de VET est décliné de deux manières pour le PNI, en fonction des deux scénarios
d’utilisation envisagés (Figures 10 et 11)