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Figure 37. Représentation des scenarii d’évolution des paysages de Bungo,
Pesisir et Lore Lindu, en fonction des proportions entre les trois
principales catégories d’usage des terres
(adapté de Feintrenie et al 2010a)
Chaque sommet du triangle représente 100 % d’occupation des terres par le système de culture
agroforestier traditionnel (agroforêts à damars en Lampung, agroforêts à hévéas à Jambi et
ladang en Sulawesi), la plantation intensive de la culture traditionnelle (monoculture de caféiers
en Lampung, d’hévéa à Jambi, et jachère enrichie en caféiers ou cacaoyers en Sulawesi), ou la
plantation intensive des nouvelles cultures (palmier à huile à Jambi, cacaoyer et palmier à huile
en Lampung, cacaoyer en Sulawesi). Les flèches indiquent les proportions d’occupation des
terres moyennes estimées par les villageois à la date de l’enquête (février 2010) et 20 ans plus
tard. Le diagramme en barres illustre la satisfaction des villageois quant au scénario d’évolution
du paysage qu’ils décrivent, les données pour Jambi ne sont pas disponibles. (1 : données sur
Jambi adaptées de Therville, 2008)
La disparition des agroforêts, témoignage de l’évolution d’une société
L’étude du cas de Bungo, confirmée par la comparaison avec les sites de Lampung et de
Sulawesi Centre, a mis en évidence que la disparition des agroforêts n’est pas un phénomène
isolé ne touchant que certains agriculteurs, mais un changement bien plus vaste témoignant de
l’évolution profonde des sociétés rurales indonésiennes. Les populations forestières ne sont plus
isolées, elles connaissent le monde « moderne » par le biais des visiteurs extérieurs, des
membres de leur famille ayant quitté le village, et par le développement des moyens de
communication. Les mentalités changent, les nouvelles générations voient le développement des
infrastructures et des cultures de rente comme un moyen de sortir de leur isolement et d’atteindre
un idéal de modernité, diffusé par la télévision et la radio. La conservation de l’environnement,
des forêts et des agroforêts, préoccupe bien moins les populations locales que le développement
économique.