4-137
Encadré 7. Travailler ensemble pour vivre de la forêt autrement : un cas concret :
la forêt modèle du Lac-Saint-Jean
Forêt Modèle du Lac-Saint-Jean (FMLSJ), qui fait partie intégrante des Réseaux canadien et
international des Forêts modèles, vise à mettre en commun l’expertise et les connaissances de
tous afin de repenser la relation traditionnelle entre les hommes et la forêt. Ce partenariat
explore des opportunités communes qui permettront de développer et de mettre en valeur les
ressources du milieu forestier, pour que l’on puisse continuer à vivre de la forêt, autrement.
Regroupant les MRC du Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine ainsi que le Conseil des
Montagnais du Lac-Saint-Jean, communauté autochtone ilnu de Mashteuiatsh, au Québec,
cette forêt modèle est basée sur une harmonisation des multiples usages de la forêt. Alors que
dans le contexte canadien l’industrie forestière se limitait traditionnellement à la production de
bois d’œuvre et de pâtes et papier, les forêts modèles considèrent le milieu forestier dans son
ensemble. Puisque l’ancien modèle, basé essentiellement sur l’exploitation des ressources
ligneuses, est en crise perpétuelle et ne fait plus vivre les gens des collectivités forestières, il
faut repenser toute la relation entre les forêts et les humains, afin d’assurer la pérennité tant
des collectivités qui dépendent de la forêt pour vivre que celle des ressources qui les font
vivre. Les ressources forestières ligneuses et non ligneuses, les ressources fauniques, la
villégiature, les ressources naturelles et culturelles font toutes partie d’une seule et même
famille : le milieu forestier. Forêt modèle du Lac-Saint-Jean croit qu’il y a lieu de faire naître
une nouvelle industrie du milieu forestier, innovatrice, durable, et respectueuse de tous les
facteurs humains et environnementaux. Elle convie donc tous les intervenants économiques,
sociaux, écologiques, communautaires, institutionnels et culturels de son territoire, et même
d’ailleurs, à travailler ensemble pour le bien des communautés forestières.
Véritable laboratoire de recherche et développement en milieu forestier, FMLSJ initie des
activités et des projets pouvant mener à de nouveaux modèles de mise en valeur des
ressources du milieu forestier et à des emplois durables en forêt. Jusqu’ici, depuis sa fondation
en 2007, FMLSJ a mené à bien plus de 50 projets innovateurs. Pour l’année 2011-2012, ce
sont 10 projets qui ont été initiés en fonction des orientations et des objectifs de FMLSJ, dont,
entre autres :
- La certification des petits territoires publics
: Le nouveau régime forestier du Québec
permettra à de petites communautés ou à des entrepreneurs locaux d’acquérir des droits de
coupe sur 25 % des territoires publics de la forêt québécoise, alors que ceux-ci sont
actuellement alloués en exclusivité aux grands exploitants industriels. Il faudra donc outiller les
nouveaux enchérisseurs pour qu’ils soient capables d’exploiter ces territoires de manière
responsable, efficace et rentable. Parmi ces outils, la norme FSC est aujourd’hui celle que les
clients recherchent et le territoire de FMLSJ est actuellement certifié sous cette norme ou en
voie de le devenir. Ce projet permettra de développer, pour les nouveaux exploitants, qu’ils
soient une communauté ou un entrepreneur, une démarche menant aux certifications
forestières pour ces territoires.
- Expérimenter la surgélation des champignons forestiers comestibles nordiques
: Dans
le contexte de diversification des produits forestiers non ligneux, ce projet permettra de
développer une expertise sur les champignons sauvages surgelés, un créneau actuellement
inoccupé au Québec;
- Remise en production de sites dégradés ou improductifs
: une proportion significative de
landes forestières, souvent situées relativement près des communautés, est actuellement
laissée en friche. La remise en production de ces sites peu productifs à l’heure actuelle et
l’atteinte du plein boisement (mettre un nombre optimal d’arbres sur une superficie donnée) est
une avenue qui offre deux possibilités : maintenir ou d’augmenter la possibilité forestière des
territoires et, par le fait même, maintenir un certain niveau d’emploi pour les communautés