4-76
Les leçons apprises
Le projet pilote aura permis de cerner l’importance de la phase initiale du programme Plante
Action, notamment celle qui touche la sélection des étudiants et futurs écopreneurs. L’appui à la
naissance de l’esprit entrepreneurial permettant d’accéder au marché international et de répondre
à ses contraintes n’est pas courant sur le continent africain, et l’est encore moins dans un pays
post-conflit tel que la RDC où les réflexes de demande d’aide sont plus nombreux que les
démarches entrepreneuriales viables à long terme. C’est pourquoi BDA s’active à parfaire la
sélection de candidats ayant un fort potentiel entrepreneurial, mais aussi à les encadrer
adéquatement pour leur permettre de développer et maitriser leurs compétences.
La démarche suivie par BDA contraste singulièrement avec l’approche traditionnellement utilisée
par les acteurs de développement qui mettent en avant des critères plutôt socio-économiques
(vulnérabilité du ménage, origine sociale, appartenance à une minorité, etc..) pour justifier du
choix des bénéficiaires de leurs activités. Cette approche qui se justifie sous les angles de lutte
pour une meilleure justice sociale et contre l’extrême pauvreté se révèle inadaptée pour choisir
des entrepreneurs capables de s’investir, de prendre des risques et de créer des entreprises
exportatrices qui génèreront à l’avenir des retombées économiques et de l’emploi dans leurs
communautés.
Selon l’économiste Schumpeter, l’entrepreneur doit être un agent de changement. Il introduit de
nouveaux biens ou de nouvelles méthodes de production, ouvre de nouveaux marchés. Il
bouleverse la manière conventionnelle de faire les choses et faire preuve quotidiennement d’une
motivation considérable. C’est un être particulier et rare par nature (Schumpeter, 1949). D’après
les constatations faites à la suite du projet pilote, il semblerait en effet que ce soit plus facile à des
étudiants d’assimiler des compétences agronomiques qu’entrepreneuriales. Les prédispositions
naturelles des candidats à remplir ce rôle devraient donc tenir une place plus importante lors des
processus de sélection des étudiants.
Un travail d’expertise important a été réalisé par HEC Montréal, partenaire du projet, afin de
développer des outils objectifs qui seront utilisés lors des phases de sélection. Ils permettent
d’offrir moins de prises aux différentes recommandations des partenaires ou contacts locaux qui
privilégient de bonne foi des critères peu pertinents pour la réussite du projet. Grâce à des mises
en situation et des grilles de question, le profil entrepreneur et/ou gestionnaire des candidats sera
passé à la loupe. Ce travail imposant sera adapté et testé durant l’été 2012 lors du processus de
recrutement de la première cohort
e
du projet VAMPEEM financé par le FFBC.