Page 88 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_04

Basic HTML Version

4-85
régulièrement soumises aux travaux d’abattis et brûlis. Par ailleurs une division du finage en
ager
et
saltus
réduit fortement le temps de surveillance des troupeaux.
C’est cette différence notable de productivité du travail qui explique que les agriculteurs qui en ont
eu les moyens ont si rapidement transformé leurs systèmes de production, permettant un
accroissement démographique soutenu sans crise alimentaire.
1990-2010 : de la protection à la plantation d’arbres
Développement des plantations arboricoles
Depuis une vingtaine d’années, la baisse des prix de l’arachide et du coton couplée au
désengagement massif de l’État ont rendu ces filières bien moins attractives pour les agriculteurs.
Pour beaucoup de familles disposant désormais d’équipements performants, ces cultures ont
perdu de leur intérêt; elles se tournent davantage vers les cultures céréalières (mil, sorgho et
surtout maïs), les racines et tubercules (manioc et igname) et enfin les plantations arboricoles
(manguiers et anacardiers principalement).
C’est ainsi que dans le sud-ouest du Burkina Faso, les cultures pérennes sont aujourd’hui en
passe de supplanter les cultures annuelles. De même au Sénégal, le rônier (
Borassus
Aethiopum
) et le manguier tiennent une place croissante dans les systèmes de production. Les
mangues s’écoulent facilement sur les marchés nationaux et étrangers (exportations vers la
Mauritanie), et avec le rônier, les activités artisanales de la morte saison (confection de meubles,
paniers, etc.) accroissent d’autant la valeur ajoutée perçue par les familles paysannes. Le
marquage des terres n’est peut-être pas étranger à leur implantation initiale, mais, occasionnant
peu de travail et autorisant les cultures intercalaires dans leur phase non productive, ces
plantations ont peu à peu remplacé les anciennes cultures de rente.
Ces cultures pérennes ou bisannuelles occupent cependant en permanence les parcelles, y
compris durant la saison sèche. Leur mise en place suppose de les protéger des troupeaux en
vaine pâture
Figure 17. Clôture de branches d’épineux autour d’un manguier- Mali, 2005
(Photo de l’auteur)