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Figure 27. Enclosure d’une jeune plantation d’hévéa au Laos
Investissements directs étrangers et monocultures commerciales
L’État lao promeut le remplacement de l’agriculture d’abattis-brûlis, jugée archaïque, par des
productions commerciales exportées — donc « modernes »— portées par le secteur privé,
notamment à capitaux étrangers. Il peut s’agir de maïs en monoculture sur les frontières
vietnamiennes et thaïlandaises, ou de plantations pérennes destinées à alimenter le marché
chinois. La monoculture de l’hévéa est devenue le symbole de la transition agraire et de la
réussite de la politique gouvernementale (Manivong et Cramb, 2008), tirée par une demande
chinoise en plein boom et des prix croissants depuis 2003 (figure 28).
Le boom de l’hévéa n’est pas sans risque pour les planteurs : la hausse des prix s’accompagne
d’une forte volatilité (figure 29), du fait, d’une part, d’une demande fluctuante avec les
soubresauts de l’économie mondiale et, d’autre part, d’un renforcement de l’offre par l’expansion
des surfaces cultivées. La tendance est appelée à s’amplifier dans un proche avenir, avec
l’entrée en production des plantations massivement engagées en Asie du Sud-Est, en Afrique
équatoriale et en Amérique latine depuis l’envolée des prix.