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Wall ». Le programme « Grande Muraille Verte » (GMV) né lors du sommet des Leaders et Chefs
d’Etat de la Communauté saharo-sahélienne (SEN-SAD) tenu à Ouagadougou (Burkina Faso)
du 1
er
au 2 juin 2005, a eu pour ambition entre autres de répondre a une préoccupation majeure
du continent : les efforts conjugués de la dégradation du milieu rural naturel et de la sécheresse.
Initiée par la CEN-SAD et endossée par l’Union africaine, la Grande Muraille verte mobilise en
particulier onze (11) pays de l’espace saharo-sahélien. D’Ouest en Est selon le tracé, ce sont : le
Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Nigéria, le Niger, le Tchad, le Soudan,
l’Ethiopie, l’Erythrée et Djibouti (figure 11).
Pour coordonner la réalisation de cette barrière végétale et veiller à son développement durable,
la première Conférence des Chefs d’État et de gouvernement des pays partenaires (N’Djamena,
17 juin 2010) a adopté une convention portant création l’Agence panafricaine de la Grande
Muraille verte (AGMV). Cette organisation interétatique comprend quatre organes : une
Conférence des Chefs d’État et de gouvernement, un Conseil des ministres, un Secrétariat
exécutif et un comité technique des experts.
La particularité de cette option « Grande Muraille Verte » est, tout en créant et consolidant une
ligne de défense par des activités de reboisement et de gestion durable des ressources
naturelles, de contribuer efficacement au développement intégré des zones rurales traversées et
aux actions de lutte contre la pauvreté dans le cadre d’un développement durable
.
Au plan opérationnel, chaque pays concerné par la muraille devra arrêter une stratégie spécifique
et un tracé selon les exigences biophysiques, économiques, socioculturelles du schéma
conceptuel global. L’édifice doit être large en moyenne de 15 km reliant Dakar à Djibouti sur une
longueur d’environ 7000 km. Les critères et exigences retenus au Sénégal sont respectivement :
a) pour la détermination du tracé :
la pluviométrie (comprise entre 100 et 400 mm), l’intégration des dépressions, vallées et
faciès favorables aux retenues d’eau, l’intégration des unités végétales existantes
éligibles au tracé, l’intégration des zones de peuplements humains, la jonction pertinente
des tracés des pays voisins dans les zones transfrontalières
b) pour le choix des espèces végétales :
la résistance au stress hydrique (< 400 mm de pluie), la plasticité écologique et
l’adaptabilité, les valeurs, utilités et usages multiples, le choix privilégié des espèces
locales.