5-166
boréal) le statut de « Forêt d’expérimentation » prévu dans la Loi sur les Forêts du Québec pour
une durée de 30 ans renouvelable. Ce statut empêche donc toute activité autre que la recherche
universitaire sur les TD faisant l’objet de boisement dans le cadre du projet. Ensuite, le promoteur
du projet doit prévoir une
réserve de stocks de carbone
parallèle aux stocks associés au projet,
de façon à ce que toute perte de stocks de carbone soit en tout temps (souvent jusqu’à 100 ans
après la date de début du projet) couverte par la réserve tampon, en cas d’éventuelles inversions
(perturbations naturelles ou anthropiques). Les standards VCS (2011) et, CAR (2010) exigent la
gestion d’une telle réserve et offrent des outils de calcul pour établir le niveau du risque et,
conséquemment, l’ampleur de la réserve à prévoir et à maintenir tout au long de la durée du
projet. Le projet Carbone boréal s’est constitué une telle réserve avec un réseau de plantations
tampons correspondant en nombre d’arbres plantés à celui du réseau de plantations
compensatoires. Ces plantations tampon offrent, du même coup, à l’équipe de recherche
Carbone boréal des superficies supplémentaires pour les différents travaux de recherche. Enfin,
le promoteur de projet doit fournir une approche visant
l’atténuation des risques d’inversion
. Par
exemple, le projet Carbone boréal répartit spatialement ses réseaux de plantations
compensatoires et tampons sur le plus grand territoire possible, afin de diminuer le risque qu’un
petit nombre de perturbations puisse compromettre le projet. Par ailleurs, la gestion de la
permanence peut également se répercuter sur le choix des
mécanismes de comptabilisation
des
crédits compensatoires propres à chaque organisme réglementaire (marché ou standard). Pour
l’instant, les principaux marchés et standards nord-américains établissent leur comptabilisation
sur la base de la permanence à long terme (100 ans) des stocks de carbone, assurés par des
réserves de stocks de carbone. Par contre, d’autres types de comptabilisation existent
(notamment les crédits dits temporaires), mais leur analyse dépasse les besoins du présent texte.
Le lecteur peut se référer à quelques excellentes discussions sur le sujet pour en savoir
davantage, notamment celle de l’OCDE (2001) et plus récemment celle de Yemshanov et al.
(2012).
Le critère de gestion des risques de fuite vise à assurer que des
émissions de GES à l’extérieur
des frontières du projet
ne sont pas générées en conséquence du projet, sinon sont compensées
par le projet si des fuites sont inévitables. Le standard VCS contraint les gestionnaires de projet à
un calcul du risque de fuite et une gestion de sa compensation, le cas échéant. Le projet Carbone
boréal ne génère pas de fuite, compte tenu du statut d’improductivité d’un point de vue forestier
des TD, de leur éloignement des zones habitées et de leur caractère impropre à toute culture ou
tout élevage. À l’opposé, les projets forestiers en zone tropicale sont beaucoup plus à risque face
à d’éventuelles fuites puisque les terrains forestiers présentent beaucoup d’opportunités
d’utilisation par les communautés locales (Chenost et al. 2010).
De Carbone boréal à Carbone tropical
Si les dernières sessions de négociation relatives aux changements climatiques ont permis de
mettre au point un mécanisme dédié pour Réduire les Émissions dues à la Déforestation et à la