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Conclusion et recommandations
Si tous les acteurs du développement s’accordent sur l’importance de disposer de jeux de
données fiables pour aider à la décision, la recherche reste aujourd’hui un parent pauvre de l’aide
publique au développement. La plupart des pays émergents mettent actuellement en place une
force de recherche nationale, mais force est de constater que les pays les moins avancés
demeurent très à la marge de la communauté scientifique, avec de cruels manques de moyens
humains et matériels.
La recherche forestière ne fait pas exception, sachant qu’elle doit de surcroît prendre en compte
le caractère très spécifique de ses objets de recherche :
•
les forêts sont par excellence des objets multi-disciplinaires, où se croisent les questions
d’écologie, d’économie, de sciences sociales et de politiques publiques. Il s’agit donc
d’objets complexes, qui de plus ne peuvent être abordés qu’à toutes les échelles à la fois,
du local au global.
•
les forêts imposent la prise en compte de temps longs à très longs, ce qui peut ne pas être
gratifiant pour une communauté scientifique à la recherche de l’impact et de l’excellence à
court terme.
Même dans les pays où la forêt représente un secteur significatif de l’économie nationale, qu’elle
soit formelle ou informelle, comme en Afrique centrale, les chercheurs restent trop souvent
incapables de rendre le coût de leur travail acceptable par les décideurs, comme un véritable
investissement pour l’avenir.
Enfin, et ceci est un point bien plus large que la seule question forestière, il n’existe pas
actuellement de mécanisme formel d’aide publique internationale à la recherche scientifique dans
les pays en développement. La plupart des outils de financement relèvent du développement,
avec une rhétorique de projet exigeant un retour rapide sur investissement. De plus, les
financements ne devraient pas porter que sur l’activité de recherche proprement dite, mais aussi
sur un renforcement des capacités autant en personnel qu’en moyens de travail.
Références bibliographiques
Agrimonde. Scénarios et défis pour nourrir le monde en 2050. Coordination éditoriale de Sandrine
Paillard, Sébastien Treyer et Bruno Dorin. Collection Matière à débattre et décider. Editions
Quae, 2010
CGIAR Research Program 6 Forests, Trees and Agroforestry: Livelihoods, Landscapes and
Governance. 2011, Cifor, Icraf, Biodiversity International, Ciat, CGIAR.
Rapport sur le développement dans le monde 2008 : L’agriculture au service du développement,
Banque Mondiale, 2008.