Initiative Objectif 2030 – mentorat en ligne des projets à impacts rapides

Pour l'humanité, la planète et la prospérité

Lionelle Ngo-Samnick

Contexte et enjeux

Plan d'action pour l'humanité, la planète, la paix et la prospérité, le Programme de développement durable à l'horizon 2020 est le cadre stratégique universel du développement durable adopté par les Nations Unies pour mettre fin à la pauvreté et transformer nos vies tout en protégeant la planète pour les générations futures. Il se décline en une série de 17 objectifs de développement durable (ODD), sur la base d'un partenariat renouvelé entre tous les pays et les acteurs de la société. Soucieux de soutenir la mise en œuvre de ces ODD, l'Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), met en œuvre l'initiative Objectif2030. Celle-ci vise à construire et renforcer un mouvement citoyen engagé qui traduise le Programme de développement durable à l'horizon 2030 en actions et solutions exemplaires et adaptées. En plus de l'organisation d'une série de formations, qui a déjà formé plus de 70 000 personnes entre 2017 et 2020, l'initiative déploie un outil participatif de financement et d'appui technique de projets. Le but est ici de soutenir les innovations citoyennes qui allient inclusion sociale, progrès économique et protection de la planète, créer des communautés de solutions autour d'elles, et permettre leur réplication à d'autres contextes.  

Résumé

Soucieux de soutenir la mise en œuvre tangible des ODD en mobilisant les parties prenantes dans toute leur diversité, mais aussi en stimulant leur capacité d'innovation collective pour transformer nos modèles de développement de manière inclusive et durable, l'IFDD apportera en 2020 son appui à six (6) projets concrets retenus sur une base compétitive. Ceux-ci sont portés par des acteurs non étatiques du Bénin, du Cameroun, de Haïti, de Madagascar et de Mauritanie. Les projets retenus sont :

  1. Récupération de la source Derejis et création d’espaces verts scolaires dans la communauté rurale de Roseaux (Haïti) est mis en œuvre par l’Union des Jeunes pour l’Avenir de Roseau/Cornillon. La source de Derejis dessert environ dix localités où vivent plus de 5000 habitants. Le problème d’accès à l’eau s’est aggravé cette dernière décennie avec le dessèchement accru de cette source causée par la faible infiltration des eaux et la perte progressive du couvert végétal de ses bassins versants. Le projet vise à freiner le tarissement de la source en favorisant l’infiltration grâce à la mise en place de structures biologiques (arbres fruitiers, plantes fourragères et sources d’énergie) sur les trois micro-bassins versants. Il envisage également de favoriser l’accès de la population à l’eau grâce à l’installation de rigoles, d'un réservoir de stockage et d'un abreuvoir, tout en impulsant la responsabilité environnementale de la population.
  2. Valorisation des déchets organiques du manioc dans la commune de Zè (Bénin) est mis en œuvre par Afrique Espérance. Le gari (farine de manioc) et ses dérivés ont une importance socio-économique considérable au Bénin. Ils constituent l’un des principaux aliments de base des populations et contribuent à l’autosuffisance alimentaire dans le pays. Au sud du Bénin, on dénombre par centaines les femmes transformatrices du manioc qui s’associent en groupements. Cependant, l’utilisation traditionnelle du bois de chauffe pour assurer la garification n’est pas sans impacts sur la santé de ces femmes (exposition aux fumées causant maladies pulmonaires, cardiovasculaires et oculaires) et l’environnement (déforestation, diminution de la fertilité des sols, changements climatiques). Le projet vise à libérer 20 groupements de femmes de la dépendance au bois de chauffe par la mise en place d’une unité de production d’énergie propre, un biodigesteur qui fonctionnerait grâce aux déchets valorisables issus de la transformation du manioc (pelures) et des autres activités génératrices de revenus des groupements (élevage de volailles, production d’huile de palme…). Le projet permettrait ainsi de réduire la consommation du bois de chauffe (et donc les impacts en matière de santé et déforestation), tout en réduisant les coûts de production du gari. Il constituerait également un moyen de gestion durable des déchets organiques et offrirait une source alternative d’engrais organique grâce au digestat récupéré à l’issue du procédé de biométhanisation, réduisant au passage les charges financières liées à l’achat d’engrais minéraux.
  3. Forêt comestible (Madagascar) est un projet conçu par l’association Green Art Soa à Madagascar, où les paysans font subir de nombreuses pressions sur l’écosystème (déforestation, feux de brousse, usage de produits chimiques…) dont ils subissent en retour les conséquences désastreuses (dégradation des sols, érosion, lavakisation, baisse drastique de la nappe phréatique…). Ce qui entraine de faibles performances de la production, et ainsi la pauvreté dans les zones rurales. Le projet a pour ambition de mettre en place une forêt alimentaire - comestible - de 8 hectares à Ambohimangakely (près d'Antananarivo) en s’appuyant sur le développement de l’agroforesterie, pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, sauvegarder les espèces autochtones, préserver la biodiversité, et lutter contre le phénomène de lavakisation qui domine sur les hauts plateaux malgaches
  4. Renforcement de la résilience des femmes de Olologue en Mauritanie est un projet conçu par l'ONG Assistance Communautaire et Développement en faveur des femmes de ce village de la commune de Wouro Birom. Elles sont regroupées au sein d’une coopérative dénommée Bamtaare Olologue, qui dispose d’un jardin maraicher de 5 ha, et pratiquent du maraîchage. L’objectif principal du projet est de contribuer à l’amélioration de la résilience des femmes de Olologue et de la viabilité de l’environnement tout en favorisant un accès à l’eau pour améliorer les rendements agricoles et en impulsant la responsabilité environnementale des populations. De façon spécifique, il s’agit de reboiser 7 à 10 hectares d’espaces dégradés en plantant des arbustes et des espèces fruitières et fourragères d’intérêt économique, de croissance rapide et difficile d’éradication, d'améliorer le système d’exhaure et d'nstaller un système de pompage solaire d’eau à partir du fleuve.
  5. Modélisation des inondations : outils de prédiction et d’aide à la prise de décision (Madagascar) est mis en œuvre par Malagasy Engineering Associates. Avec une population pauvre et majoritairement rurale, une exposition géographique élevée aux phénomènes climatiques, des infrastructures insuffisantes, un manque d'investissement dans la préparation, et des ressources limitées pour y faire face et se remettre des catastrophes naturelles, Madagascar est l'un des pays les plus vulnérables aux risques hydrométéorologiques. Madagascar est classé parmi les 10 premiers pays au monde en ce qui concerne l'indice de risque de mortalité dû aux cyclones. Manque de modèle de prédiction et de quantification des zones inondables les gens attendent aveuglement la montée de l'eau. De ce fait, ils ne peuvent pas prendre la bonne décision au bon moment causant ainsi plusieurs pertes matérielles, de nourriture, d'animaux domestiques et même en vies humaines. Le projet vise à développer un outil de prédiction et d'aide à la décision à partir de la modélisation des inondations.
  6. Réalisation d'un système de noues paysagères pour la lutte contre la désertification, les épidémies et les inondations dans l'arrondissement de Pitoa (Cameroun) est mis en œuvre par l'association Synergie Eau et Environnement. Pitoa est caractérisé par un climat soudano-sahélien marqué par une importante saison sèche. Son climat et son relief plat font partie des facteurs à l'origine de certaines catastrophes naturelles. En outre, les populations sont souvent touchées par les épidémies de choléra en saison sèche comme pluvieuse tous les 2 à 3 ans en moyenne. L'objectif de ce projet est de soutenir l'expérimentation d'une solution pratique aux problèmes environnementaux récurrents à partir d'angles multiples par la réalisation d'un système de noues paysagères pour la lutte contre la désertification, les épidémies et les inondations dans l'arrondissement de Pitoa.

 

Résultats attendus

Les résultats attendus de cette opération sont:

  • Six (6) projets concrets sur le développement durable sont mis en œuvre avec succès
  • Plus de 10 000 francophones bénéficient de la mise en œuvre des projets financés
  • Un programme structurant est conçu pour mettre en échelle le projet le plus prometteur.

Fiche signalétique

  • Programme

    Transformations structurelles en matière d’environnement

  • Composante

    Gestion de l’environnement

  • Type d’opération

    Projet

  • Titre

    Initiative Objectif 2030

  • Pays

    Benin, Cameroun, Haïti et Madagascar

  • Budget

    63 000 euros

  • Date de début

    15 décembre 2019

  • Date de fin

    15 décembre 2020

  • Cibles

    Organisations à but non lucratif

  • Partenaires techniques

    Afrique Espérance, Synergie Eau et Environnement, Union des jeunes pour l’avenir de Roseau Cornillon, Malagasy Engineering Associates et Green Art Soa