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Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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écosystèmes à mesure qu’ils sont livrés à la pression démographique ou aux
appétits des marchés. Au contraire, les auteurs ont appelé à des paiements
pour services environnementaux, à la valorisation des produits forestiers issus
de pratiques durables, à la réforme du droit foncier et à la participation com-
munautaire respectueuse des connaissances scientifiques autant que vernacu-
laires. Dans ce chapitre, la réflexion sur la gouvernance dans le domaine de la
forêt s’articule autour de cinq thèmes et sera illustrée par sept études de cas.
La gouvernance appelle à la responsabilisation à tous les niveaux et au
partage du pouvoir entre les parties. Dans cet ouvrage, les membres du comité
scientifique ont retenu, bien sûr les aspects législatifs et règlementaires, mais
aussi la participation communautaire, l’éducation et la recherche comme
niveaux pertinents pour l’analyse. Six contributions sont donc présentées
pour couvrir ces éléments.
Dans le premier texte, Seyni Seydou, coordonnateur du Programme de
Lutte Contre l’Ensablement dans le Bassin du Niger, présente la gouver-
nance des forêts à partir du système des Nations Unies et les pièges de son
application locale alors qu’Alain Billand, du CIRAD, indique comment les
appareils législatifs et règlementaires des États ont évolué après la conférence
de Rio dans le domaine des forêts dans une première contribution et dans
une seconde, s’intéresse à l’articulation de la recherche agronomique et son
incidence sur la recherche forestière. Nathalie Rizzotti, coordinatrice de la
Chaire de l’UNESCO « Technologies pour un développement durable », au
Centre de Coopération et Développement, EPFL Lausanne, s’intéresse à la
gouvernance locale et à la participation communautaire. Le professeur Pierre
Deschênes de l’UQAC, présente la gouvernance comme un processus de ges-
tion s’appuyant sur la concertation. Elle relève d’un besoin d’établir une nou-
velle culture d’action qui permette le dialogue entre les secteurs et d’amener
des gens aux objectifs différents vers un projet commun. Pour ce faire, un
processus est vulgarisé et offert à tous ceux qui souhaiteraient s’en servir dans
leurs communautés pour mener à bien un projet partagé. Enfin, Alain Serge
Kouadio présente pour sa part les aspects éducation et formation et leurs
impacts sur la gouvernance forestière.
La Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développe-
ment (CNUED) s’est tenue à Rio de Janeiro au Brésil il y a vingt ans. Même
si la CNUED n’a pas réussi à adopter une convention sur les forêts, les trois
grandes conventions issues de Rio ont fortement influencé la façon dont
les États ont par la suite considéré leurs ressources forestières. De plus, la
CNUED a adopté une déclaration sur les forêts et créé le forum des Nations
Unies sur les Forêts (FNUF).
Le sommet de Johannesburg en 2002, suivant l’adoption des objectifs
du Millénaire, a réitéré l’engagement de la communauté internationale envers
le développement durable et pressé les pays à insister sur l’éradication de la