Chapitre 5 – Gouvernance : l’arbre qui cache la forêt
P o i n t s d e r e p è r e
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pauvreté comme objectif prioritaire du développement durable. Encore une
fois, les forêts et les populations qui dépendent de la forêt étaient visées au
premier chef. À cette époque, l’économie ne reconnaissait de valeur qu’aux
produits qui peuvent être extraits de la forêt et mis en marché, sans accorder
d’importance ni aux dimensions culturelles, ni aux services écosystémiques qui
émargent de forêts en santé, l’exploitation forestière laissait trop souvent des
territoires dévastés et des populations appauvries. Le sommet de Johannesburg
a permis la création de trois partenariats dans le domaine forestier : le partena-
riat des forêts asiatiques, le partenariat pour les forêts du Congo et le Centre
régional des forêts modèles pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Il a aussi
invité la communauté internationale à l’exploitation durable des produits ligneux
et non ligneux de la forêt.
Pendant ce temps, les trois conventions de Rio commençaient à tenir
compte des forêts dans les rencontres annuelles de leurs parties. D’abord,
dans le Protocole de Kyoto visant à mettre en œuvre la CCNUCC, les forêts
furent prises en considération à travers le changement d’usage des terres,
mais la complexité de l’évaluation des gains et pertes de stocks de carbone
rendait difficile l’intégration de projets forestiers dans le marché du carbone.
Sous l’insistance des pays forestiers toutefois, la notion de service écosysté-
mique lié à la déforestation évitée et au ralentissement de la dégradation des
forêts (REDD+) a émergé comme une voie intéressante pour le financement
d’actions concrètes de protection des massifs forestiers et de réduction de la
pauvreté et fait maintenant partie des outils à intégrer dans un éventuel traité
post 2012. Le plan d’action de Johannesburg encourageait aussi la Convention
sur la désertification à intégrer des politiques et des mesures visant à réduire
les effets de la désertification et de la sècheresse par une meilleure gestion des
sols, de l’eau et des forêts.
C’est surtout la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) qui a fait
avancer la cause de la protection des forêts comme réservoir de biodiversité,
culminant avec la conférence de Nagoya en 2010. À cette occasion, les parties
ont convenu du Protocole de Nagoya et d’un plan d’action conjoint pour les
trois conventions de Rio. De plus, le prochain plan d’action décennal de la
Convention comporte l’objectif de « réduire au moins de moitié ou, lorsque
possible, à près de zéro le taux de perte d’habitats naturels, y compris les
forêts ».
L’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré l’année 2011 « Année
internationale des forêts ». Ces diverses initiatives mondiales ont eu un impact
important sur le cadre législatif et règlementaire des pays. Alain Billand sou-
ligne que la gouvernance dans le domaine forestier a particulièrement évolué
aux niveaux supranationaux et infranationaux depuis Rio.