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Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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Il faut cependant faire la différence entre un bien commun et un bien
public. Un bien commun appartient à tous et à personne; chacun peut le
consommer, le récolter et il y a donc absence d’exclusion. Mais une fois qu’un
individu s’en est emparé, il en prive les autres consommateurs potentiels. En
l’absence de mesures spécifiques telles que l’attribution de droits de propriété
sur ces ressources ou l’aménagement de condition de leur usage collectif, le
risque lié aux caractéristiques de ces biens est leur surexploitation et leur épui-
sement possible. Ces biens sont qualifiés de « communs » en raison de leur
diffusion collective et inclusive et non parce qu’ils sont produits par une entité
de statut public.
Le problème étant ainsi posé, les solutions de gestion qui en résultent
sont soit la privatisation, soit l’intervention de l’État. Dans ce dernier cas,
les droits de propriété sont alors transférés à l’État qui devient le gardien des
ressources. Mais d’un côté, la gestion étatique est souvent considérée comme
lourde et surtout incapable de contrôler les pratiques des populations et les
interdictions. Or, sans les moyens pour les faire respecter, cela revient à laisser
la ressource en libre accès. Quand les règlements sont ambigus, inexistants,
la «  tragédie des communs » peut facilement se produire. D’un autre côté, la
gestion privée est accusée de créer des inégalités, de produire de l’exclusion,
ne réussissant souvent pas non plus à résoudre le problème d’épuisement des
ressources.
Il ne faut toutefois pas confondre les régimes communautaires avec un
régime de libre accès, les régimes communautaires imposent des limites à
l’accès et l’exploitation des ressources ayant leurs propres arrangements ins-
titutionnels. La propriété commune, contrairement à l’absence de droits de
propriété, se réfère à un ensemble de règles définies en lien avec l’apparte-
nance des membres à une communauté. C’est sur ces bases qu’un autre type
de régime de propriété est mis en avant, suite à Rio, afin de mettre en œuvre
les politiques publiques, la gestion en commun.
Les différents types de droits et de règlements influencent donc la rela-
tion homme-nature, mais aussi les jeux de pouvoir. En effet, c’est au niveau
de ce cadre et de la définition de ces différents droits que pourra se faire la
répartition des coûts et des avantages.
Le respect de ce cadre requiert l’existence d’une autorité capable, le cas
échéant, d’infliger des sanctions. Cette autorité va être l’objet de multiples
stratégies par les membres de la structure sociale afin de faire évoluer le cadre
institutionnel en leur faveur. Plus les agents détiennent de droits, plus leur
contrôle sur les ressources concernées est grand et plus leur capacité d’in-
fluencer l’évolution du cadre institutionnel est importante. Ce type de dyna-
mique sociale peut conduire à une société élitaire ou une minorité sociale de
par son contrôle sur la formulation des règles collectives et peut engager un
processus qui suit ses intérêts propres.