Page 7 - Forets_et_humains_Doc_synthese

Basic HTML Version

P o i n t s d e r e p è r e
VII
Mot de la directrice de l’IEPF
L
espèce
humaine
entretient avec la nature des relations complexes qui ont
  évolué de façon différenciée dans le temps et dans l’espace. Elles restent
symbiotiques chez une frange non négligeable de la population humaine
actuelle, notamment en Papouasie–Nouvelle Guinée, en Amazonie ou chez
les peuples autochtones d’Afrique centrale. Elles sont cependant surtout pré-
datrices pour la majorité de l’humanité qui impose un rythme infernal de pré-
hension sur les ressources au détriment de la nature elle-même et de la frange
négligée de l’humanité.
Les forêts du monde sont piégées dans ces relations ambigües entre
la nature et les humains. Elles abritent, protègent et nourrissent beaucoup
d’entre eux, façonnant encore leur imaginaire et donnant sens à leur existence.
Elles sont pourtant pillées, déstructurées et détruites par beaucoup d’autres
humains qui ne les voient que comme stock de ressources.
C’est cette vision qui domine aujourd’hui notre rapport aux forêts et ali-
mente les multiples pressions qui s’exercent sur elles et les transforment sous
nos yeux. Plus de 300 millions d’hectares de forêt ont disparu au cours des
2 dernières décennies, au rythme de 13 millions d’hectares sur la dernière, selon
la FAO. Les trois grands bassins forestiers équatoriaux de Bornéo-Sumatra,
d’Amazonie et d’Afrique centrale ont payé le plus lourd tribut causé par des
pressions transformatrices : la croissance démographique, les changements
­climatiques, les pertes de valeurs culturelles et sociales…
Cet ouvrage passe en revue ces pressions et les caractérise pour mieux
ressortir les actions qui permettraient de les juguler dans la perspective du
développement durable. Le changement de paradigme économique est au
cœur de la dynamique à impulser. L’Économie verte en est le moteur.