Page 8 - Forets_et_humains_Doc_synthese

Basic HTML Version

P o i n t s d e r e p è r e
VIII
Il rappelle, pour mieux les remettre en lumière, les fonctions vitales que les
forêts assurent pour l’humanité et la plupart des êtres vivants, et la multitude de
services qu’elles leur rendent :
• les services culturels, sociaux et spirituels le plus souvent ignorés, voire
méprisés par le système économique dominant;
• les services d’appui et de régulation (séquestration de carbone, main-
tien de la biodiversité, régulation du cycle de l’eau…) que ce système
économique ne sait pas encore prendre compte;
• Les services d’approvisionnement et les produits associés (produits
ligneux et non ligneux, fertilité des sols…) tant convoités par l’éco-
nomie mondialisée et à l’origine des pressions les plus fortes sur la
santé et l’intégrité des écosystèmes forestiers.
Son principal mérite est d’avoir réussi à replacer l’ensemble de ces services
au centre des réflexions engagées pour le nouveau paradigme économique,
l’Économie verte, qui fait de l’éradication de la pauvreté et de la préservation
des ressources naturelles sa raison d’être. En rappelant que, dans l’histoire,
des populations humaines ont fait disparaître des forêts, parfois totalement,
comme cela a été le cas sur l’Île de Pâques, il remet la gouvernance, la bonne
gouvernance, au centre du débat.
Je ne peux m’empêcher de rapporter aussi ce témoignage qui souligne
l’importance de nos autres rapports aux forêts : « On ne
monétarise
pas le lien
aux ancêtres. L’activité autre que rituelle dans un site sacré est un sacrilège.
L’expérience symbolique fait partie de l’humanité. La mettre de côté, ou pire
la dénigrer, fait prendre des décisions «  inhumaines » parce qu’elles nient une
partie de nous-mêmes, de ce que nous sommes ».
C’est à l’aune de ces raisons, que très souvent la raison économique
ignore, que l’Économie verte sera aussi jugée.
Je remercie toute l’équipe de rédaction de la Chaire en éco-conseil de
l’UQAC, le comité scientifique dans son ensemble et les auteurs des remar-
quables études de cas, d’avoir ainsi su créer, à travers cet ouvrage, les condi-
tions qui permettent de renouveler notre regard sur les forêts et, partant, nos
rapports à ces écosystèmes.
Mes remerciements vont aussi aux gouvernements du Canada, du Québec,
de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de Monaco et à l’Agence universitaire de
la Francophonie dont les appuis financiers ont contribué à la préparation de
la participation francophone à la conférence de RIO+20.
Que tous trouvent ici l’expression de ma gratitude aux noms des autorités
de l’OIF.
Fatimata Dia Touré
Directrice de l’IEPF