Chapitre 5 – Gouvernance : l’arbre qui cache la forêt
P o i n t s d e r e p è r e
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énergétiques soit sous forme de bois brut ou le plus souvent sous forme de
charbon de bois et à l’agriculture sur brûlis pratiquée par la grande majo-
rité des communautés d’Afrique tropicale. Les plantations agro-industrielles,
l’exploitation des ressources minières ou pétrolières, ont également un impact
direct par la conversion des zones forestières.
L’industrie forestière ne cause pas une dégradation irréversible, en
revanche les routes forestières constituent des axes de pénétration qui rendent
accessibles des espaces forestiers naguère intouchables. L’impact de l’exploi-
tation informelle et artisanale, qui se développe en dehors des cadres régle-
mentaires, est par contre plus préoccupant encore que celui de l’exploitation
industrielle. En effet, tout indique que la consommation de bois de l’exploita-
tion informelle serait de dix fois supérieure à celui de l’exploitation forestière
industrielle.
Des signes de déficit pluviométrique liés aux changements climatiques
laissent craindre un accroissement de la sécheresse qui pourrait perturber
le fonctionnement des écosystèmes et accroitre la vulnérabilité des surfaces
forestières face aux feux.
Les conséquences directes et indirectes, écologiques, économiques ou
sociales de ces diminutions et modifications des surfaces forestières sont
nombreuses. L’auteur mentionne par exemple, la perte de biomasse, la dimi-
nution des surfaces d’écosystèmes à biodiversité élevée, la perte de production
de produits forestiers non-ligneux, un appauvrissement floristique et faunique
de la forêt, l’émission de gaz à effet de serre, un accroissement de l’érosion des
sols, un appauvrissement des sols et une diminution de la régulation des débits
et de la qualité des cours d’eau.
Le rapport indique que les prochaines années seront critiques pour les
ressources forestières du bassin du Congo. La croissance démographique,
l’immigration, le développement économique de la région et l’accroissement
des besoins en matières premières au niveau mondial vont inévitablement
accentuer la pression sur les ressources naturelles. Cependant, des plantations
de bois à croissance rapide près des villes et la certification forestière sont
porteuses d’espoir.
Dans un tout autre contexte, Jean François Boucher, chercheur et pro-
fesseur associé à la Chaire en éco-conseil de l’UQAC, présente le projet
« Carbone boréal » et son dérivé « Carbone tropical », deux projets de
recherche sur le potentiel des forêts à séquestrer du carbone pour contribuer
à la lutte aux changements climatiques et à l’adaptation des écosystèmes à ce
phénomène. Initié à l’Université du Québec à Chicoutimi en 2008, le projet
« Carbone boréal » tire son origine de la constatation que de vastes superficies
de la forêt boréale fermée étaient naturellement dénudées en raison de per-
turbations naturelles successives et que cette ouverture n’était pas réversible