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Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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Conclusion
Dans ce chapitre, les auteurs ont caractérisé diverses dimensions de la gou-
vernance dans le domaine de la forêt. On y constate que les interventions et
les politiques qui excluent les populations locales des bénéfices forestiers sont
vouées à l’échec. L’influence bénéfique des conventions internationales et de la
gouvernance supranationale à l’égard de l’évolution des politiques nationales est
démontrée. Mais quel que soit le cadre législatif ou règlementaire dont dispose
un État, s’il n’est pas appliqué avec rigueur et transparence, les résultats de la
participation des communautés resteront mitigés. De même, les initiatives de
gestion communautaire doivent être appuyées par les États. Dans tous les cas, la
corruption, à n’importe quel niveau de l’échelle décisionnelle, peut remettre en
cause les meilleures initiatives.
Il est aussi apparu que l’éducation et la formation font à la fois partie
des enjeux d’adaptation des pratiques forestières et de gestion du territoire, et
qu’elles constituent le meilleur outil de renforcement des capacités à l’échelle
locale. Il est particulièrement inquiétant de constater la désaffection des états
et des étudiants envers les écoles de foresterie à cet égard. Cependant, la forêt
ne peut pas être protégée et ses fonctions écosystémiques conservées sans une
vision large qui intègre les besoins des populations, au premier chef la nourri-
ture. Paradoxalement, pour conserver les forêts, il faut interpeller la recherche
agronomique pour améliorer la productivité des systèmes agricoles et agrofo-
restiers de manière à réduire la pression des populations pauvres sur les forêts.
La recherche forestière doit aussi intégrer les services environnementaux
comme la séquestration du carbone, la régulation des eaux ou le maintien
de la biodiversité dans l’arsenal de ses projets. Il s’agit de plus d’une occa-
sion de développer des partenariats Nord-Sud et Sud-Sud pour chercher des
synergies.
L’économie verte dans le secteur des forêts ne peut prétendre à l’éradi-
cation de la pauvreté sans intégrer la complexité, la gestion participative, la
répartition équitable des bénéfices et l’approche transversale orientée sur le long
terme. Une gouvernance soucieuse de respecter les responsabilités et les droits
de chacun à tous les niveaux est indispensable pour que l’économie verte soit
efficace. Si elle n’est menée que par l’avidité et le court terme, l’économie ne
sera jamais verte.