Chapitre 5 – Gouvernance : l’arbre qui cache la forêt
P o i n t s d e r e p è r e
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Pour contribuer à protéger ce patrimoine, le programme RASAPCI
(Recherches et Actions pour la Sauvegarde des Singes en Côte d’Ivoire) du
Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire a initié diverses
campagnes de sensibilisation sur les enjeux de la conservation de la FMTE.
Les interventions éducatives, pratiquées en marge d’un projet de recherche,
ont pour but de faire comprendre aux populations riveraines de la FMTE, le
caractère exceptionnel de ce patrimoine et les enjeux de sa conservation et
ainsi favoriser l’émergence d’attitudes favorables à la conservation. L’article
décrit les principales activités de sensibilisation menées dans le cadre du pro-
gramme de conservation de la FMTE et en évalue l’impact sur la perception
des enjeux de la conservation par les populations locales et leurs attitudes à
l’égard de ladite forêt.
Le programme de gestion communautaire initié depuis 2006 à la FMTE a
permis d’impliquer les populations locales dans le processus de classement de
cette forêt en réserve communautaire. Cette implication a été rendue possible
grâce aux campagnes de sensibilisation menées dans les villages environnant
la forêt et qui ont un impact direct sur celle-ci. Le fait d’informer toutes les
populations locales, quelle que soit leur couche sociale ou leur origine, constitue
une avancée dans la politique de conservation mise en place, car tout projet
n’intégrant pas les intérêts particuliers de l’ensemble des acteurs agissant sur
un territoire risque de voir ses efforts de protection et de conservation de la
biodiversité réduits à néant.
Au niveau de la perception des enjeux de la conservation par les popu-
lations locales, les villageois ont de plus conscience du fait que la FMTE est
le dernier refuge pour bon nombre de représentants de la faune originelle de
la région, en particulier pour les primates. De plus, le niveau de connaissance
des villageois sur les trois espèces de singes menacés ainsi que sur leur statut
de conservation a été renforcé.
En ce qui concerne les attitudes des populations, les trois espèces ont
certes déjà été consommées par les répondants, mais ne constituent pas une
préférence majeure en termes de viande de brousse. Une bonne frange des
répondants refuserait de consommer les singes si on leur en offrait. Parmi les
causes du refus, le « besoin de conservation » a été de plus en plus évoqué, au
fil des évaluations.
Malgré ces résultats positifs, il ne faut pas occulter le fait qu’il demeure
toujours des personnes qui n’ont sans doute pas encore bien appréhendé les
enjeux de la conservation. Le nombre relativement élevé des personnes qui
accepteraient encore de consommer la viande de singes s’ils en avaient l’occa-
sion révèle la nécessité de poursuivre les campagnes de communication pour
le changement des comportements en adoptant des approches innovantes.