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toutefois pas permis de s’entendre pour négocier une convention-cadre sur les forêts, mais il a
adopté une Déclaration sur les forêts et créé le Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF).
Le sommet de Johannesburg en 2002, suivant l’adoption des objectifs du Millénaire, a réitéré
l’engagement de la communauté internationale envers le développement durable et pressé les
pays à insister sur l’éradication de la pauvreté comme objectif prioritaire du développement
durable. Encore une fois, les forêts et les populations qui dépendent de la forêt étaient visées au
premier chef.
À cette époque, l’économie ne reconnaissait de valeur qu’aux produits qui peuvent être extraits
de la forêt et mis en marché, sans accorder d’importance ni aux dimensions culturelles, ni aux
services écosystémiques qui émargent de forêts en santé. Malheureusement, encore dans les
années 1990 l’exploitation forestière laissait trop souvent des territoires dévastés et des
populations appauvries. Le sommet de Johannesburg a permis la création de trois partenariats :
le partenariat des forêts asiatiques, le partenariat pour les forêts du Congo et le Centre régional
des forêts modèles pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Il a aussi invité la communauté
internationale à l’exploitation durable des produits ligneux et non ligneux de la forêt.
L’exploitation durable des produits ligneux et non ligneux des forêts naturelles et des forêts
plantées est indispensable pour parvenir au développement durable et constitue un moyen
crucial d’éliminer la pauvreté, de réduire considérablement la déforestation et de mettre fin à la
perte de la biodiversité forestière ainsi qu’à la dégradation des sols et des ressources;
d’améliorer la sécurité alimentaire ainsi que l’accès à l’eau potable et à des sources d’énergie
peu coûteuses; de mettre en relief les multiples avantages des forêts et milieux boisés naturels
ou plantés; et de contribuer à l’équilibre de la planète et au bien-être de l’humanité.
Plan de mise en œuvre du Sommet de Johannesburg, par. 45
Pendant ce temps, les trois conventions de Rio commençaient à prendre en compte les forêts à
travers les rencontres annuelles de leurs parties. D’abord, à travers le Protocole de Kyoto visant à
mettre en œuvre la CCNUCC, les forêts furent prises en considération à travers la notion de
changements d’usage des terres, mais la complexité de l’évaluation des gains et pertes de stocks
de carbone rendaient difficiles l’intégration de projets forestiers dans le marché du carbone. Sous
l’insistance des pays forestiers toutefois, la notion de service écosystémique lié à la déforestation
évitée et au ralentissement de la dégradation des forêts (REDD+)
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a émergé à la conférence de
Bali en 2007 comme une voie intéressante pour le financement d’actions concrètes de protection
des massifs forestiers et de réduction de la pauvreté. Le REDD+ fait maintenant partie des outils
à intégrer dans un éventuel traité post 2012. Le plan d’action de Johannesburg encourageait
aussi la Convention sur la désertification à intégrer des politiques et des mesures visant à réduire
les effets de la désertification et de la sècheresse par une meilleure gestion des sols, de l’eau et
des forêts. Un message qui a été reçu, si l’on en croit le récent discours du secrétaire exécutif de
la CNULD.
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Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation