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Présentation de l’ouvrage
Quarante ans après le Sommet de Stockholm, le thème du Sommet Rio +20 traite de deux
grands enjeux, une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et du
développement durable et un cadre institutionnel favorisant le développement durable. Le présent
ouvrage se veut une contribution de la Francophonie traitant des forêts dans l’optique de
l’économie verte pour le développement durable.
Le premier chapitre, sous la direction de Claude Villeneuve et Olivier Guillitte, traite des forces
directrices et des pressions sur les forêts qui résultent de l’évolution récente de l’humanité. On y
discutera de la notion de forêt, des fonctions écosystémiques qui la caractérisent et des services
qui en résultent pour l’humanité.
Le deuxième chapitre, piloté par Nicole Huybens et Martin Tchamba traitera des services
intangibles culturels (langues et cultures, spiritualité, imaginaire, connaissances traditionnelles)
qui sont indispensables à la richesse de l’humanité, mais qui sont négligés par l’économie. On y
verra comment l’aspect symbolique des forêts peut devenir un sujet de controverse s’il n’est pas
adéquatement pris en compte et comment, l’alliance entre la science et les connaissances
traditionnelles peuvent faire bon ménage au profit de la conservation des forêts et des espèces
qui en dépendent.
Le troisième chapitre, dirigé par Anada Tiega porte sur les services intangibles fonctionnels ou de
régulation (biodiversité, cycle de l’eau, stockage du carbone, création et maintien de la fertilité
des sols, protection contre l’érosion et les désastres naturels, lutte à la désertification). Ces
services, ignorés par l’économie traditionnelle, commencent à être reconnus par l’économie verte
sous la forme des paiements pour services écosystémiques (PSE). On y verra les limites de cette
approche et des pistes pour en maximiser l’efficacité.
Un quatrième chapitre dirigé par Marc Dufumier est consacré aux services pris en compte par
l’économie actuelle (produits ligneux et non ligneux de la forêt, énergie). Ce chapitre démontrera
aussi le lien étroit entre la dégradation des forêts et les pratiques agricoles et comment celles-ci
peuvent être améliorées dans des systèmes agroforestiers pour conserver les fonctions des
forêts. On montrera aussi comment l’utilisation accrue du bois peut contribuer à réduire la
pauvreté dans certaines circonstances.
Le cinquième chapitre expose les divers aspects de la gouvernance (supranationale, nationale,
locale, légale et institutionnelle, participation communautaire, éducation, recherche) et montre
comment une bonne gouvernance est indispensable au succès de toute action visant à réduire la
pauvreté dans le domaine de la forêt. Sans une gouvernance appropriée, il ne peut y avoir
d’économie verte.