Page 25 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_01

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poser la Francophonie à l’aube des enjeux de RIO+20, ce référent est-il une bonne base pour
positionner le débat de l’économie verte en forêt comme moyen de lutte contre la pauvreté? En
d’autres termes, ce référentiel permet-il de bien appréhender les fonctions autres que purement
économiques de la forêt comme les fonctions écosystémiques sous-tendues par les préceptes de
l’économie verte? Ne faudra-t-il pas à l’issue de cette analyse s’assurer que les éventuelles
nécessaires adaptations de ce référentiel soient bien prises à RIO+20 dans les résolutions en
faveur de l’économie verte en forêt?
Tout au moins, la vertu de cette partie de chapitre vise à forcer les interlocuteurs de l’économie
verte en forêt à exprimer préalablement au débat, les caractéristiques qu’ils ont retenues pour
définir la forêt en vue :
D’identifier la réelle valeur ajoutée environnementale de l’économie verte en forêt, sans
quoi le qualificatif vert serait totalement usurpé;
Et donc de pouvoir placer l’économie verte en forêt aux bons lieux et pour des objectifs
crédibles en matière environnementale, sociale, économique et culturelle.
Définitions usuelles de la forêt
Le dictionnaire Larousse définit la forêt
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comme une grande étendue de terrain couverte d’arbres,
mais aussi comme l’ensemble des grands arbres qui occupent, qui couvrent cette étendue. Cette
définition pose immédiatement le débat de ce que l’on doit comprendre par une grande étendue,
la densité de la couverture ou la taille minimale admise des arbres (7m, toujours selon Larousse).
Mais ce qui est intéressant à retenir dans cette définition est la double vision écologique de la
forêt : un écosystème ou une biocénose (soit l’ensemble des organismes vivants néanmoins
réduit dans cette définition à la strate arborescente).
L’étymologie de la forêt n’est pas entièrement établie,
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mais elle se rapporte le plus couramment
soit à
foris
(latin) qui exprime ce qui est hors ou
foresta
(bas-latin) qui signifie un ban ou une
proscription de cultures (où donc les arbres reviendront spontanément). Cette origine est fort
éloignée de l’image d’Épinal actuelle de la forêt. Mais de plus en plus, on observe un éloignement
de la forêt de la majorité de l’humanité et un regain de la forêt sur les cultures non rentables.
Cette étymologie sous-tend de manière intéressante des fonctions économiques et culturelles.
La définition de la forêt de la FAO (cf. encadré 3)
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se base principalement sur les caractéristiques
physiques du peuplement forestier (étendue, hauteur minimum et taux de couverture)
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. Le
caractère artificiel du peuplement n’est pas un principe d’exclusion lorsque la plantation est
principalement ou secondairement valorisée économiquement en produits ligneux. Les
plantations artificielles à vocation cynégétique, fourragère, fruitière, paysagère ou culturelle sont
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consulté le 15 avril 2012.
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consulté le 15 avril 2012.
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FAO Évaluation des ressources forestières mondiales 2010. Termes et définitions. Téléchargeable à
l’adresse
(consulté le 15 avril 2012).
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Voir aussi les discussions sur la non-forêt par Bellefontaine et al 2001.