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Cette vision internationale se retrouve de plus en plus dans les visions nationales. Ainsi, la
définition la plus récente de l’IFN (inventaire forestier national) français
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se conforme d’ailleurs
pleinement à la définition de la forêt selon la FAO. Elle inclut les peupleraies pourtant souvent
liées à la production agricole. Pour prendre un autre exemple, le code forestier wallon révisé en
2008
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introduit des concepts d’exclusion similaires (formations boisées sur terres urbanisables,
en zone militaire), mais élargit la forêt à des bandes minimales de 10 m (au lieu de 20 m comme
pour la FAO ou la France).
Notamment, la préservation des fonctions écologiques, qui est une des bases de l’économie
verte, doit veiller à s’intéresser à la continuité de l’occupation historique de la forêt, cet aspect
étant actuellement non déterminant dans la définition de la forêt par la FAO. Mais consciente de
ce manque, cette institution se penche sur cet aspect avec le groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le Centre pour la recherche forestière
internationale (CIFOR) et l’Union internationale des instituts de recherches forestières (IUFRO).
Ils ont ainsi travaillé sur l’harmonisation des concepts de forêts naturelles et forêts plantées
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.
En conclusion, il faut reconnaître que majoritairement la forêt n’est jamais définie explicitement
par ses fonctions. La forêt est définie par des surfaces minimales associées à un minimum de
couvert d’arbres ayant une taille minimale en y excluant les boisements des espaces urbanisés et
de façon plus floue, des espaces agricoles.
L’arbre est donc bien au centre des définitions, mais la forêt est par essence quelque chose qui
doit être plus complexe qu’un simple arbre. En fait, toutes les définitions sous-tendent la notion de
phytocénose (ensemble des végétaux) arborée en relation avec un milieu sous-jacent. C’est bien
donc un écosystème incluant l’ensemble de la biocénose, les habitats physiques et leurs
interrelations fonctionnelles dans une structure prédominée par les arbres.
Les fonctions de la forêt à travers l’approche écosystémique, un prérequis au
développement de l’économie verte en forêt
Les fonctions traditionnelles de la forêt ont été très longtemps réduites à des fonctions
directement utilitaires comme :
•
La production de bois de chauffage ou d’œuvre;
•
L’apport de produits de cueillette, de chasse ou de pêche;
•
La ressource de médicaments;
•
L’exercice de cultes.
Comme démontré ci-dessus, c’est la production ligneuse qui détermine encore aujourd’hui la
définition de la forêt avec le postulat souvent bien ancré dans le monde forestier qu’en assurant
10
, (consulté le 15 avril 2012)
11
Article 2 du Code forestier (Décret de la Région wallonne du 15 juillet 2008 téléchargeable à l’adresse
(
consulté le 15 avril 2012.)
12
Groupe expert FAO
, (consulté le 15 avril 2012)