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Serait-ce un total non-sens de considérer comme une forêt des lierres multiséculaires accueillant
plus de 700 espèces végétales et animales, couvrant un hectare des murs d’enceinte d’une vieille
citadelle et entourés d’une douve remplie d’eau?
Dans les 2 premiers cas, il sera difficile d’admettre éthiquement que ces plantations puissent
participer à l’économie verte en forêt. Dans les 3 autres cas, on pourra regretter qu’ils ne soient
pas considérés comme participatifs au développement de l’économie verte en forêt. On le
regrettera d’autant plus s’ils sont situés en contact direct et en périphérie de structures forestières
indiscutables. En effet, par leur complémentarité et leur association dans cette situation, ils créent
des effets synergiques amplifiant les fonctions et les services écosystémiques et donc les
bénéfices qui en découlent.
Sans révolutionner les critères actuels de la FAO et en vue de mieux tenir compte des fonctions
écologiques de la forêt, on pourrait exclure du champ de la définition de la forêt, les plantations
d’essences exotiques extra-continentales, du moins récentes (moins d’un siècle), développant un
cortège biotique très appauvri et les plantations nécessitant des apports constants d’intrants
exogènes sous forme de fertilisation, de traitements biocides ou d’apport d’eau. Par contre, les
structures arborées ayant plus de 10 % de couverture arborescente, agro-sylvo-pastorales ne
recourant qu’exceptionnellement à des intrants exogènes et périphériques à la forêt déjà
reconnue pourraient être reconnues comme forêt.
Les catégories suivantes basées sur le trajet historique et l’artificialisation des peuplements et
donc fortement liées à la notion de résilience pourraient assez facilement être créées à défaut et
dans l’attente d’une connaissance plus approfondie de l’état de fonctionnement des écosystèmes
forestiers :
la forêt naturelle à continuité historique multiséculaire;
les écosystèmes agro-sylvo-pastoraux à continuité historique multiséculaire (s’ils sont
reconnus);
les plantations (en subdivisant éventuellement celles nécessitant en continu ou
exceptionnellement des intrants et celles constituées ou non d’essences exotiques
extra-continentales) sur des sols à continuité forestière historique multiséculaire;
les plantations (en subdivisant éventuellement celles nécessitant en continu ou
exceptionnellement des intrants et celles constituées ou non d’essences exotiques
extra-continentales) et les recolonisations naturelles sur des sols à longue rupture
d’occupation forestière ou sur néo-sols (suite à l’exploitation d’une carrière, l’abandon
d’un site bâti,…);
les écosystèmes agro-sylvo-pastoraux (s’ils sont reconnus) néo-formés en et hors
forêt non agro-pastorale.
En conclusion, la définition de la forêt détermine mécaniquement le champ d’application de
l’économie verte en forêt, mais aussi de manière plus subtile les vertus de cette économie.