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diana roloway -
, le cercocèbe couronné -
Cercocebus atys lunulatus-
et le colobe bai de Miss
Waldron -
Piliocolobus badius waldronae
. Les deux premières sous-espèces abondent dans la
FMTE alors que leurs populations ont été considérablement réduites en taille ou exterminées
partout ailleurs.
Il est à noter que la FMTE est le site où les preuves les plus récentes de la
présence du colobe bai de Miss Waldron ont été trouvées, ravivant ainsi l’espoir de redécouvrir
ce singe que l’on croit disparu depuis les années 1980. Pour toutes ces raisons, cette forêt est
considérée comme étant un site hautement prioritaire pour la conservation des primates en
Afrique de l’Ouest (Gonedelé Bi et
al.
, 2008). Outre son exceptionnelle faune anthropoïdienne, la
FMTE abrite au moins 33 espèces végétales d’intérêt pour la conservation, 22 espèces de
poissons dont trois espèces à souci de conservation, 279 espèces d’oiseaux dont 22 d’intérêt
pour la conservation et 15 espèces d’amphibiens dont sept à souci de conservation. Le type de
végétation de la FMTE et son caractère marécageux en font un écosystème relativement rare et
fragile. En outre, la FMTE (environ 12 000 hectares) est le plus grand bloc forestier encore
relativement intact dans l’angle sud-est de Côte-d’Ivoire.
Population riveraine : structure et activités économiques
La population riveraine de la FMTE est composée par les autochtones
Agni
et
Appolo
qui
cohabitent de façon pacifique avec les allochtones
Baoulé
,
Sénoufo
,
Malinké
…et par des
étrangers béninois, burkinabés, ghanéens, maliens et togolais. Dans les villages, les clans ou
grandes familles d’autochtones sont propriétaires de l’espace foncier dans la grande majorité des
villages. L’économie de la région est dominée par l’agriculture. Ceci a eu pour conséquence, le
remplacement des écosystèmes forestiers par de vastes plantations de cocotiers et de palmiers à
huile dont certaines appartiennent aux villageois et d’autres à une unité agroindustrielle
spécialisée dans la production d’huile de palme. Outre l’agriculture, la pêche est pratiquée par
une grande frange de la population à l’intérieur et dans les nombreux cours d’eau de la zone
périphérique de la FMTE, notamment dans le fleuve Tanoé, la lagune Ehy et leurs ramifications.
Les seules forêts naturelles qui existent encore dans la région sont quelques forêts sacrées de
petites superficies (moins de 2 hectares en général) et la FMTE (12 000 hectares) qui, de toute
évidence, n’a été conservée que du fait de son caractère marécageux qui la rend impraticable. La
pression anthropique reste tout de même forte et se traduit par le braconnage, le prélèvement
anarchique des ressources naturelles, l’exploitation forestière et les tentatives de défrichements
agricoles précédées dans le cas des compagnies agroindustrielles, de dessèchement par le
drainage artificiel.