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dans un mouvement progressif de sédentarisation, occupent une place importante dans la vie
des Bagyéli. Ils passent la majeure partie de leur temps dans l’année en forêt. Les séjours en
forêt sont de véritables expéditions qui se traduisent par l’installation et la conduite des activités
de production et d’éducation et de formation des enfants.
Ces activités résidentielles en forêt participent à la construction des savoirs et des maîtrises sur les
espaces ressources utiles aux communautés et à la gestion durable de la biodiversité. L’espace est
structuré en deux entités, à savoir, l’espace résidentiel d’une part et l’espace ressource et culturel
d’autre part. L’occupation de l’espace et l’accès aux ressources diffèrent d’un site à un autre. Les
règles qui gouvernent la gestion des ressources et de l’espace forestier établissent que la forêt est
un milieu où chacun doit prendre librement les ressources dont il a besoin pour vivre. Il n’y’a pas de
propriété de la terre ou de la forêt. L’exploitation des ressources forestières a plus d’importance que
la propriété définitive de la forêt. Les ressources de la forêt appartiennent à tout le monde : on est
propriétaire d’une ressource quand celle-ci est découverte, attrapée ou récoltée.
4.
La valorisation des connaissances traditionnelles des Peuples Autochtones Pygmées »
Bangombe
et
Mbendjele
sur la forêt et la gestion des ressources forestières dans
l’aménagement et la gestion de l’UFA Kabo de la CIB au nord du Congo
Il n’y a pas encore eu de recensement officiel systématique des semi-nomades « Pygmées » au
Congo. Mais, on sait qu’ils constituent actuellement environ 10 % de toute la population du pays,
soit environ 300 000 personnes (Gambeg Y.N., 2006; Gambeg Y-N. et al.,2006; Mafoukila C.M.,
2006; UNICEF 2004 et 2001 et; Ministère du Plan de la République du Congo, 1984). Ils sont
répartis en deux grands groupes : les Babongo et les Bambenga, subdivisés en plusieurs sous-
groupes : les Batswa, les Baaka, les Babi, les Babongo, les Bagyeli, les Bakola, les Baluma, les
Bangombe, les Mbendjele et les Mikaya (Observatoire Congolais Des Droits De L’homme, 2006).
Comme partout ailleurs en Afrique centrale où vivent les « Pygmées », ils sont concentrés dans
les zones forestières, plus précisément dans les départements de la Bouenza, du Kouilou (dans
le Mayombe, vers Kola), de la Lékoumou, de la Likouala, du Niari, des Plateaux et de la Sangha
(Mankassa C., 1970 et Mafoukila C.M., 2006).
Le département de la Sangha qui fait partie intégrante du secteur forestier du nord du pays abrite
neuf unités forestières d’aménagement (UFA), dont celle de Kabo qui appartient au domaine de
l’État. Elle est exploitée par la Congolaise Industrielle du Bois (CIB). La Congolaise Industrielle
des Bois (CIB) a été créée en 1968 par la fusion et la restructuration des sociétés SFS (Société
Forestière de la Sangha installée depuis 1953 dans le nord du Congo) et IBOCO (Industrie des
Bois du Congo créée en 1961 avec une scierie à Brazzaville). En 1997, la CIB a racheté la
société SNBS (Société Nationale des Bois de la Sangha) implantée à Kabo, alors en liquidation
judiciaire. Elle est une société anonyme installée à Pokola, avec son siège social à Ouesso. Elle
est aujourd’hui une filiale du groupe industriel OLAM. La CIB a pour objet l’exploitation, la
transformation, le transport et la commercialisation des bois et des produits dérivés.