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Il dispose, dans la première partie, que le Service de la Conservation a pour obligations de
« permettre l’accès à certaines ressources naturelles dont les modalités de prélèvement sont
définies à l’annexe du mémorandum, associer les Bagyéli dans certaines activités
d’aménagement (suivi écologique et écotourisme), ainsi que dans les activités de surveillance, de
régénération naturelle ou artificielle,
tolérer une présence contrôlée des Bagyéli à l’intérieur du
parc, garantir aux Bagyéli des mesures d’anonymat dans le cadre de leur participation aux
activités de surveillance, assurer le renforcement des capacités des Bagyéli dans le cadre de leur
participation aux différentes activités du parc »
.
Dans la seconde partie, l’article 2 dispose que les Bagyéli ont pour obligations de
« dénoncer
toute pratique contraire aux prescriptions du plan d’aménagement du parc, d’obtenir l’autorisation
du Service de la Conservation avant de procéder au prélèvement de certaines espèces fauniques
des classes B et C pour des besoins des rites d’initiation, rompre toute collaboration avec les
autres acteurs impliqués dans les activités de chasse et de cueillette à l’intérieur du parc, récolter
les autres produits forestiers non ligneux de façon durable en favorisant leur régénération
naturelle ou en contribuant directement à leur régénération, mais toujours sous le contrôle du
service de la conservation »
.
Dans le cadre de l’application du mémorandum, le Service de Conservation du parc et les
communautés Bagyéli, en collaboration avec les organisations de la société civile, définissent en
ce moment les modalités de systématisation des connaissances autochtones et leur valorisation
dans les activités de suivi écologique de la faune du parc et de promotion de l’écotourisme.
La valorisation des connaissances traditionnelles et locales dans la gestion durable des forêts et
la conservation de la biodiversité ne porte pas seulement sur la gestion des aires protégées. Elle
est aussi établie dans l’aménagement des concessions forestières certifiées en Afrique centrale.
Dans le cadre de l’aménagement de l’Unité Forestière d’Aménagement (UFA) Kabo de la
Congolaise Industrielle du Bois (CIB), au nord de la République du Congo Brazzaville, la Cellule
d’Aménagement et les populations autochtones « Pygmées »
Bangombe
et
Mbendjele
ont établi
un dispositif participatif d’identification, de reconnaissance, de protection et de sécurisation des
ressources clés, des sites cultuels et culturels des populations locales et autochtones dans les
concessions forestières gérées par la CIB. La mobilisation de la cartographie sociale participative
est associée à l’utilisation de l’outil informatique et à la valorisation des connaissances et des
savoirs traditionnels des communautés
Bangombe
et
Mbendjele,
sur les essences forestières et
leurs fonctions écologiques, culturelles et sociales. La démarche repose sur la documentation, la
cartographie et la matérialisation des espaces, des arbres et des sites cultuels et culturels utiles
aux populations autochtones et les résultats obtenus dans ce processus sont intégrés dans les
plans de gestion des concessions forestières aménagées.
Il ressort de cette figure que les activités en forêt (chasse, pêche et collecte des produits
forestiers), contrairement à celles du village (agriculture et artisanat), où les Bagyéli sont engagés