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Pour y parvenir, la FAO propose qu’il faudra sécuriser les droits des communautés locales afin
d’associer ces dernières à la gestion et à la protection de vastes zones forestières dans le
monde. La pérennité de la gestion forestière à assise communautaire est étroitement liée à la
mise en place de dispositions propres à faciliter la génération et le partage équitable des
avantages tirés des forêts. Sans la reconnaissance juridique de leurs droits sur les produits
forestiers, toutefois, les populations locales ne montreront ni intérêt ni courage pour protéger et
développer les forêts
(Gobeze et al., 2009).
2 - Les forêts, les zones humides, l’eau – une relation solide et mutuellement bénéfique
De nos jours, tout le monde s’intéresse à l’eau. Plus la population mondiale augmente et aspire
au développement, plus les modes de vie exigent de l’eau et plus les effets des changements
climatiques sont ressentis, plus il devient urgent de débattre de la disponibilité et de la pénurie de
l’eau douce. L’approvisionnement en eau est tributaire de zones humides en bonne santé; des
forêts en bonne santé contribuent à la pérennité et à la protection des zones humides. Les
statistiques parlent d’elles-mêmes – la pénurie d’eau douce et l’accès limité à l’eau frappent déjà
1 à 2 milliards de personnes et cette situation ne peut que s’aggraver si nous ne gérons pas
mieux notre environnement (Ramsar, 2011).
On considère que le maintien d’une bonne couverture forestière sur les bassins versants boisés
est le mécanisme le plus efficace pour réduire l’érosion, la perte de sols fertiles et l’apport
excessif de sédiments dans les zones humides d’aval. Il importe aussi de noter que beaucoup
d’utilisations des terres (comme l’agriculture, l’urbanisation et le développement industriel)
produisent des polluants qui sont absorbés par les eaux de pluie et pénètrent dans les zones
humides – et, en conséquence, dans l’eau. Les forêts, en revanche, même celles qui sont
soumises à une gestion lourde, ne produisent que peu de polluants (Ramsar, 2011).
Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’améliorer la qualité de l’eau. Les forêts terrestres et les
zones humides boisées jouent un rôle crucial dans le cycle mondial de l’eau – le cycle de l’eau
douce qui assure la pérennité de la vie. Les forêts ont un effet significatif sur le taux
d’évapotranspiration de l’eau vers l’atmosphère qui, à son tour, affecte les précipitations. Ce qui
importe, ce n’est pas seulement d’accepter que les forêts jouent ce rôle critique, mais plutôt de
mieux comprendre et tenir compte du fait que d’autres formes de végétation ne sont pas capables
de remplacer les forêts et de produire le même effet.
La figure 1 donne une évaluation comparative de la capacité de stockage du carbone pour
différents types de zones humides. On note que les tourbières (boisées ou non) sont des puits de
stockage du carbone particulièrement efficaces et couvrent de vastes superficies de la planète. On
estime qu’il y a dans le monde 400 millions d’hectares de tourbières, dans 173 pays. Certes, les
tourbières boisées les plus vastes se trouvent dans le nord de l’Europe, en Russie et au Canada,