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2- Estimation des valeurs d’usage indirect
Cette étude s’est focalisée sur deux fonctions écologiques particulières assurées par l’espace
forestier du PNI : la séquestration du carbone et le maintien de la qualité des ressources
hydriques.
Le maintien d’une forêt primaire permet le stockage d’une quantité de carbone qui, si la forêt était
exploitée, serait relâché dans l’atmosphère. Il existe donc bien un bénéfice économique à
conserver intégralement ce service écologique. L’estimation d’un tel bénéfice va dépendre du
différentiel entre le stock de carbone maintenu dans une forêt primaire et celui séquestré par une
forêt secondarisée. Il est également aussi nécessaire d’intégrer dans cette simulation le recru
forestier qui succède à la phase d’exploitation.
La combinaison de ces données de stocks et du prix international permet d’évaluer ce bénéfice
économique entre 1 465 000 000 F.CFA en première année à 11 842 000 000 F.CFA en dernière
année.
En portant atteinte à la forêt primaire, on modifie la régulation du bassin versant où elle est
implantée et on perturbe la quantité et la qualité des ressources hydriques qu’elle fournit. Les
bénéfices tirés de ces ressources hydriques vont alors être estimés par les pertes évitées de
productivité/qualité de la production/consommation réalisées par les acteurs situés en aval des
bassins versants. Dans le cas du PNI, en raison de son influence négligeable sur le cours aval de
l’Ogoué, il est peu probable que la poursuite de l’exploitation forestière dans le PNI modifie
significativement les services hydrologiques fournis par la forêt. Les deux scénarios produisent
donc des bénéfices identiques et, dans ce cas, l’intégration dans l’analyse économique de cette
fonction écologique n’a pas d’effet sur le résultat final.
3- Estimation des valeurs d’option et de non-usage
Il est difficile, à partir de données actuelles de marché, d’estimer la valeur économique des
ressources génétiques actuellement inconnues. Nous basons donc notre évaluation économique
des ressources génétiques du PNI sur un cas concret de valorisation de ces ressources au
Gabon, le projet Biodivalor. Réalisé entre 1998 et 2001, son objectif principal était l’établissement
de contrats avec des sociétés industrielles susceptibles d’apporter une forte valeur ajoutée à la
transformation de produits végétaux prélevés dans la forêt gabonaise.
Dans ce cadre, deux types de produits ont été commercialisés à des firmes occidentales : des
échantillons de plantes et de la résine d’okoumé. Une étude prévisionnelle de la vente de ces
ressources sur la base des résultats obtenus par le projet Biodivalor a été reprise pour le cas
spécifique d’une prospection de ces ressources génétiques dans la zone de Makokou.