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Résumé
Sous la direction d’Anada Tiega, Secrétaire Général de la Convention de Ramsar sur les Zones
Humides dont le siège est à Gland, Suisse, ce chapitre nous présente les fonctions cachées de la
forêt et les services de régulation qu’elles appuient que l’économie actuelle peine à prendre en
considération, celle-ci ne s’intéressant qu’aux bénéfices économiques des services
d’approvisionnement.
L’auteur nous rappelle d’abord que nous vivons dans un monde d’interdépendance de plus en
plus ressentie entre les composantes du monde vivant, en particulier entre l’environnement
biophysique (micro-organismes, champignons, végétaux et animaux, sous-sols, sols, air et eau)
et les milieux humains (organisations sociales, économiques et culturelles). Par exemple, tous les
types de forêts sont parsemés de fleuves, de rivières, de lacs et de ruisseaux qui agissent en
symbiose avec la végétation et le sol riverains. Cette interaction entre les forêts, l’eau, les sols et
la biodiversité est trop souvent ignorée. Pourtant, les communautés qui vivent dans la forêt ou
celles qui vivent en aval dépendent pour leur approvisionnement d’eau en qualité et en quantité,
du maintien de forêts en bonne santé. De même, ce sont les forêts qui créent les sols sur
lesquels se pratiquera l’agriculture et qui stockent une partie de l’excédent de CO
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produit par les
activités anthropiques.
La majorité des politiques et des méthodes d’évaluation économique rendant les utilisations non
forestières des terres (agriculture, urbanisation, extraction du sous-sol) plus rémunératrices que
les activités forestières, il est à craindre que les pertes de services environnementaux qui
résultent de ces transformations de la forêt pour d’autres spéculations ne feront qu’intensifier les
pressions poussant au déboisement et à la surexploitation des surfaces forestières subsistantes
ce qui ne peut que réduire les capacités d’adaptation dérivées des forêts. Il serait donc essentiel
de maintenir les forêts en bon état, si celles-ci doivent être utilisées par les communautés pour
s’adapter.
Les politiques du passé, orientées vers la maximisation du rendement d’une vocation
(exploitation, conservation), tendaient à négliger, ou même à exclure, les communautés qui y
trouvaient de quoi satisfaire leurs besoins. Dans une économie verte, on devrait chercher à
mettre en place des dispositions propres à faciliter la génération et le partage équitable des
avantages tirés des forêts. Toutefois, sans la reconnaissance juridique de leurs droits sur les
territoires forestiers et sans retour financier et socio-culturel des activités qui s’y déroulent, les
populations locales ne montreront ni intérêt ni courage pour protéger et développer les forêts.
Puisque ces populations ne sont pas les seules à pouvoir bénéficier des services écosystémiques
rendus par des forêts en santé, les autres bénéficiaires devraient contribuer aussi à leur maintien.
Les scientifiques ne sont pas en mesure d’énoncer avec certitude des relations de cause à effet
entre l’état d’un écosystème et la fourniture effective d’un service, soit parce que les