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connaissances sont insuffisantes, soit parce que les systèmes considérés sont par nature
imprédictibles. Mais cette difficulté de quantification n’enlève rien à la valeur de ces services et
l’économie verte devrait se faire un point d’honneur à les reconnaître.
Par exemple, les forêts continentales et les zones humides boisées jouent un rôle crucial dans le
cycle mondial de l’eau – le cycle de l’eau douce qui assure la pérennité de la vie. Les forêts ont
un effet significatif sur le taux d’évapotranspiration de l’eau vers l’atmosphère qui, à son tour,
affecte les précipitations. Ce qui importe, ce n’est pas seulement d’accepter que les forêts jouent
ce rôle critique, mais plutôt de mieux comprendre et tenir compte du fait que d’autres formes de
végétation ne peuvent remplacer les forêts et produire le même effet. Il en va de même pour la
plupart des services rendus par une forêt en santé.
La reconnaissance des services écosystémiques rendus à l’humanité par la forêt est un thème
émergent qui devra interpeller l’économie verte, si celle-ci veut contribuer à la réduction de la
pauvreté et au développement durable. Même si l’on note d’importantes incertitudes sociétales
associées au concept, c’est-à-dire l’existence de perceptions différenciées, voire contradictoires,
avec des controverses d’une part autour du concept même de service et de la place de l’homme
dans les écosystèmes, et d’autre part autour des dispositifs de gouvernance issus de ce concept,
tels que les paiements pour services environnementaux, ces derniers devront trouver leur place
dans l’économie verte.
La Francophonie peut contribuer à aider ses membres à légiférer sur la forêt, l’eau et les services
écosystémiques afin d’avoir des politiques et un cadre juridique efficaces sur la foresterie. Elle
peut aussi contribuer à développer des méthodes visant explicitement à mettre en débat
conjointement les incertitudes scientifiques et sociétales associées au concept de services
écosystémiques des forêts, en amont de tout dispositif politique ou de gestion reposant sur ce
concept.
Élever significativement le niveau de bien-être de l’humanité et répondre aux besoins d’une
population mondiale en forte progression, tout en assurant l’intégrité des ressources naturelles,
particulièrement les forêts, est un des principaux défis que doivent relever plusieurs institutions à
travers leur politique de développement. L’économie verte y parviendra-t-elle, cela reste à
prouver.
Ce chapitre comporte six études de cas : la première explore l’importance des forêts de
mangroves dans le monde, la deuxième s’intéresse à l’importance des forêts pour les petits états
insulaires, la troisième porte sur la valeur économique totale d’un parc au Gabon, la quatrième
examine le potentiel du mécanisme REDD+ dans les forêts du bassin du Congo, la cinquième
explore les limites de la notion de REDD+ et la dernière relate les résultats d’une recherche sur le
paiement des services écosystémiques en Inde.
Paul Ouédraogo et Anada Tiega de la Convention Ramsar présentent un portrait mondial des
forêts de mangroves et un aperçu des biens et services fournis par ces forêts ripariennes.