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3.6 Déforestation et changement climatique : agir sur les
causes ,ce que le marché (carbone) ne peut faire...
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Alain KARSENTY, Docteur en sciences économiques et directeur de recherches au Cirad, UR
Biens et Services des Ecosystèmes Forestiers
)
,
Email :
alain.karsenty@cirad.fr
Avec une perte estimée à environ 13 millions d’hectares en moyenne par an entre 2000 et 2005 –
7,3 millions d’hectares, en prenant en compte les reboisements, selon la FAO –, la déforestation
tropicale constitue une source majeure d’émission de gaz à effet de serre. De l’ordre de 4,4 à
5,5 Gt CO
2
(ce dernier chiffre incluant la dégradation des tourbières) par an selon les dernières
estimations, ces émissions contribueraient à 10-15 % des émissions annuelles anthropiques de
CO
2
. De plus, la déforestation tropicale a des effets dévastateurs sur la diversité biologique, les
forêts tropicales contenant plus des deux tiers des quelque 250 000 plantes supérieures connues
des scientifiques. Actuellement, les émissions dues à la déforestation dans les pays en
développement ne sont réglementées ni par la Convention cadre sur les changements
climatiques ni par le protocole de Kyoto. Toutefois, la question de la « déforestation évitée »
constitue toujours l’un des dossiers délicats des négociations climatiques, qui doivent proposer un
régime « climat » post-Kyoto. Mécanisme de marché « récompensant » les acteurs, ou fonds
permettant de financer des réformes s’attaquant aux causes, le débat n’a pas été tranché par la
récente conférence Durban : les deux options figurent comme des options possibles dans le texte
sur la REDD+ (réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation).
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Ce texte constitue une version adaptée et actualisée et étendue de l’article qui faisait l’objet du