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Figure 32. Arguments pour et contre les agroforêts comparées par les paysans
aux plantations en monoculture dans 3 régions indonésiennes
(adapté de Feintrenie et al. 2010a)
Les « facteurs culturels » incluent : héritage des grands-parents, production vivrière pour la
consommation familiale, production quotidienne de produits destinés à la consommation
domestique. « L’attachement sentimental » inclut : la beauté du paysage, l’attachement à un
travail quotidien. Les « résultats économiques » incluent : coûts de plantation et de production, la
valorisation de la terre et du travail, la commercialisation plus ou moins difficile, la stabilité et le
montant du prix du principal produit, la durée de la période de production. Les « critères
techniques » incluent : la résistance ou la sensibilité aux pestes, les besoins en travail, la diversité
des produits, la saisonnalité ou l’absence de saisonnalité dans la production, la couverture
arborée comme protection des agriculteurs contre le soleil et la pluie, les conditions de travail, la
protection du sol contre l’érosion et le maintien de la fertilité, la possibilité d’un remplacement
arbre par arbre. (1 : données sur Jambi adaptées de Therville, 2008)
Le district de Bungo, cas d’étude pour le développement du palmier à huile
Le district de Bungo se situe dans la province de Jambi, sur le piedmont oriental de la chaine de
montagnes Kerinci Seblat, au centre de l’île de Sumatra (Figure 1). L’économie du district repose
principalement sur l’agriculture, avec une dominance des secteurs hévéicole et du palmier à huile
et une forte contribution des petits planteurs. La deuxième activité économique majeure du district
est l’industrie minière du charbon. Le paysage du district évolue rapidement, avec une forte
conversion des forêts et agroforêts en plantations de palmier à huile et d’hévéa.
La couverture forestière du district a fortement diminué depuis 30 ans (Figure 33). La forêt dense
a diminué de 42 à 30 % de la surface du district entre 1993 et 2005, et les agroforêts de 15 à
11 % sur la même période; par contraste, les plantations de palmier à huile ont augmenté de 4 à
19 % de la surface, tandis que les plantations monospécifiques d’hévéa sont restées relativement
stables en surface, passant de 26 à 27 % du district (Ekadinata et Vincent 2011). Depuis 2000,
les petites et moyennes plantations indépendantes de palmier à huile se développent autour des
plantations industrielles.