Page 108 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_04

Basic HTML Version

4-105
2010a). En conséquence, les agriculteurs ont fortement simplifié la composition en espèces utiles
des agroforêts, les adaptant ainsi à l’évolution de leurs besoins. Lehébel-Péron et al. (2011) n’ont
ainsi relevé qu’une dizaine d’arbres utiles dans les agroforêts du village de Lubuk Beringin, dans
le district de Bungo présenté ci-dessous (Figure 31) et possédant encore une importante
couverture en agroforêts. La multiplication des marchés villageois où se vend à bas prix une
grande variété de produits agricoles, forestiers et manufacturés, rend la récolte de nombreux
produits forestiers et agroforestiers pour un usage familial peu rentable. Les populations locales
choisissent soit de se spécialiser dans la commercialisation de tels produits (2% des familles de
Lubuk Beringin), soit, pour la majorité des villageois, préfèrent se consacrer à des activités plus
rémunératrices (agricoles ou non). La rentabilité des agroforêts est ainsi leur principale faiblesse
face aux plantations monospécifiques à haut rendement, qu’elles soient d’hévéa ou de palmier à
huile (Figure 32).
Figure 31. Localisation des trois régions étudiées en Indonésie
(Source : Feintrenie et al. 2010a)
Le palmier à huile a été introduit à Sumatra en 1911, soit à la même époque que l’hévéa (1904).
Après un démarrage lent, le secteur a connu une forte accélération, et en 2008 l’Indonésie est
devenue le premier producteur mondial d’huile de palme devant la Malaisie, avec 15,6 millions de
tonnes d’huile brute (
Crude Palm Oil, CPO
) produite sur 4,58 millions ha (FAO 2008). Tout
comme dans le secteur hévéicole un siècle plus tôt, les grandes compagnies voient aujourd’hui
croître la concurrence des petits planteurs.