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à l’incinération. Dans ce dernier cas, il peut ou non y avoir valorisation de l’énergie par
récupération de chaleur à des fins de production de vapeur, de chauffage industriel ou de
chauffage domestique. Le bois enfoui se décompose très lentement, et peut même rester à
peu près intact, s’il est protégé de l’humidité.
Dans le domaine des changements climatiques, les analyses de cycle de vie donnent donc au
bois un avantage net sur tout autre matériau de construction. Intégrer plus de bois provenant
de forêts gérées de manière durable dans les bâtiments peut donc constituer un outil efficace
au sein d’une stratégie de lutte aux changements climatiques. Cet avantage s’accentue quand
on prévoit une plus grande efficacité dans l’usage complet des grumes, une récupération et
une valorisation des déchets tout au long de la chaine de valeurs et des filières de valorisation
en fin de vie.
Claude VILLENEUVE,
Chaire en éco-conseil, UQAC,
claude_villeneuve@uqac.ca
Références bibliographiques
Gaboury S., Boucher J.F., Villeneuve C., Lord D., Gagnon R., (2009) Estimating the net
carbon balance of boreal open woodland afforestation : À case-study in Québec’s
closed-crown boreal forest, Forest Ecology and Management 257 : 483–494
Laurent A.B., Gaboury, S., Wells, J.R., Bonfils S., Boucher J.F., D’Amours S, Villeneuve, C. (in
press) Cradle-to-gate life cycle assessment of glued-laminated wood product from
Québec’s boreal forest, The International Journal of Life-Cycle Assessment
Le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre, présents aux premières phases d’études, sont en charge
de la performance du bâtiment et du respect du programme. Ils ont aujourd’hui à prendre leurs
responsabilités en termes de protection de l’environnement. Dans la phase préliminaire à
l’édification d’un bâtiment, le choix des matériaux de structure, d’enveloppe, d’isolation,
d’aménagement intérieur est loin d’être neutre d’un point de vue environnemental. Cet impact
peut être normé, c’est le cas de l’ISO 14044 qui analyse le cycle de vie des produits (Actu-
environnement, 2012). Quelques critères de mesure existent, c’est le cas de «
l’énergie grise
»
qui caractérise l’énergie nécessaire à un service ou à la fabrication d’un bien, incluant l’extraction
ou la récolte, la transformation, la commercialisation (emballage, transport, stockage et vente)
jusqu’au stade ultime de son élimination. Si chaque filière matériau s’efforce de montrer que
l’énergie grise de son secteur est plus faible que les autres, si bien des chiffres sont contestables,
le constat de grandes tendances peut se faire. La figure 39 en est une illustration (Triboulot et al.,
2010).