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Lorsque des plantations sont nécessaires, le processus de production des plants demande
peu d’énergie et de matériaux et généralement peu d’engrais synthétiques. C’est le transport
des plants qui occasionne les plus grands impacts. Les opérations sylvicole visant à éduquer
les peuplements ou à augmenter la production sont aussi relativement peu intensives en
énergie fossile et les débris ligneux qui en résultent sont soit recyclés dans l’écosystème, soit
valorisés comme source d’énergie ou de fertilisants de substitution.
Extraction
Même fortement mécanisée, la récolte et la transformation des produits ligneux de la forêt est
peu intensive en énergie et les émissions de gaz à effet de serre qui peuvent y être appliquées
représentent une faible proportion du carbone fixé dans la vie de l’arbre et stocké dans le
matériau bois (voir par exemple Gaboury et al. 2009 ou Laurent et al. sous presse). En
général, la partie extraction du matériau bois représente moins de 1 % des émissions de gaz à
effet de serre du cycle de vie du produit.
Transformation
Pour la transformation, les émissions varient en rapport direct avec le besoin d’électricité et la
composante carbonique de cette dernière. Le séchage du bois demande un fort
investissement énergétique, mais de plus en plus, les scieries utilisent des déchets de bois
pour alimenter les séchoirs, ce qui diminue à presque rien les émissions de gaz à effet de
serre. Le transport peut être un point sensible, les émissions liées au camionnage lourd, aux
véhicules de livraison sont les principales sources et varient directement avec les distances
parcourues. Cela est toutefois vrai pour les matériaux concurrents dans les structures de
bâtiment, comme l’acier ou le béton. Par ailleurs, le bois ne demande pas d’eau dans sa
transformation au contraire des matériaux concurrents.
Utilisation
Dans l’utilisation des produits du bois pour satisfaire divers besoins humains, l’éco-conception
peut aider à réduire encore les impacts de la filière. Utiliser la plus grande proportion de bois,
éviter les colles et peintures émettant des COV et surtout concevoir pour le démontage et la
réutilisation sont des voies à privilégier.
Une fois le bois installé dans une structure, le carbone qu’il contient est stocké pour toute la
durée de vie du bâtiment ou du meuble. Ce stock de carbone issu de l’atmosphère d’où il a été
capté pendant la durée de vie de l’arbre ne contribue donc pas aux changements climatiques,
alors que les matériaux de structure concurrents demandent pour leur production de très fortes
émissions (entre 0,8 et 2,8 tonnes par tonne pour le béton et l’acier) et ne stockent aucun
carbone dans la durée de vie du bâtiment où ils sont utilisés. De plus, lorsqu’elles sont utilisées
de manière appropriée, les propriétés isolantes de la fibre de bois réduisent la demande en
énergie du bâtiment, ce qui se traduit par des émissions de gaz à effet de serre évitées tout au
long de l’existence du bâtiment.
Fin de vie
À la fin de vie du bâtiment ou du meuble, le bois peut être réutilisé dans une autre structure,
mais la plupart du temps, il est dirigé vers la valorisation. Celle-ci peut prendre trois formes : le
sous-cyclage
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, la valorisation énergétique ou le compostage. Enfin, lorsque le bois a été
recouvert de colle ou de différents apprêts, il est possible qu’il soit envoyé à l’enfouissement ou
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Le sous-cyclage (
downcycling
) consiste à produire dans le recyclage des produits de moindre valeur en
fin de vie d’un produit. Par exemple, avec le bois, on peut faire des copeaux qui seront intégrés au
papier, ou dans des panneaux de particules.