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Figure 41. Relation entre PIB et activités en architecture
Il n’en demeure pas moins que pour un développement économique possible, il est nécessaire
qu’un marché existe. Sur ce point, le rôle des responsables politiques est majeur. Dans cette
nouvelle appropriation des ressources naturelles, faites pour construire, et dont le bois fait partie,
l’engagement des décideurs politiques est tout aussi essentiel que celui des architectes.
La plupart des 96 communes du Vorarlberg sont dirigées par des maires qui pratiquent depuis
des années un engagement en faveur du développement local et de la lutte contre les
changements climatiques. Ils sont à l’origine d’équipements publics, collectifs, d’écoles,
d’immeubles, d’hôtels, de bâtiments agricoles, de lieux de culte, de maisons communales éco-
responsables utilisant très largement le bois et les compétences locales. Ces équipements sont
souvent, dans leurs conceptions, des «
prototypes
» partagés et repris par d’autres.
Ici la sempiternelle remarque «
ce sera plus cher en bois
» n’est plus formulée, si le prototype
produit s’avère être plus cher, chacun sait au Vorarlberg, que le retour sur investissement sera
rapide, en matière d’emplois, en matière d’économie d’énergie, en matière d’image et en matière
de fierté collective, et donc en matière de lien social. Avec plus de 70 % des habitants qui sont
membres d’une association bénévole, le lien social prend là un aspect très concret (cf. tableau 2).
Au niveau de l’emploi et des richesses générées, les activités de la filière bois jouent un rôle
économique majeur dans ces zones rurales du Vorarlberg. Le bois d’œuvre et de chauffage
donne du travail à près de 4 000 personnes, sans compter les nombreux emplois à temps partiel,
et les agriculteurs auxquels le bois fournit un complément de revenu. Le potentiel d’activités est
loin d’être épuisé, puisque seulement la moitié des arbres arrivés à maturité sont aujourd’hui
utilisés. Une meilleure utilisation du bois contribue au rajeunissement du patrimoine forestier,
donc à la préservation à long terme et à la protection contre les catastrophes naturelles. Les
vieux arbres sont fragilisés et ne jouent plus leur rôle dans la retenue des avalanches par