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ici descendante et conceptuelle. Celle du Vorarlberg est ascendante et pragmatique et
incontestablement bien plus efficace.
Sans attendre les consignes nationales, la région Lorraine avait très largement anticipé les
orientations stratégiques décidées à Paris. La Lorraine, région française de l’Est, dont l’industrie
principale a été la sidérurgie, activité emportée par la mondialisation, redécouvre aujourd’hui le
potentiel de son patrimoine forestier, de son industrie de transformation du bois et des secteurs
de développements économiques que sont la construction bois et la production d’énergie à partir
de la biomasse forestière. Elle a fait de ce secteur l’un de ses axes prioritaires. Cette région
représente le 2e massif forestier français après celui des Landes. Le taux de boisement est de
36 %. Elle rassemble 4 000 entreprises liées à la forêt et au bois (secteurs : exploitation
forestière, papier, scierie, menuiserie, meuble, panneaux, tonnellerie, charpente, construction
bois). C’est le 2e secteur d’emplois régionaux après la métallurgie et les industries mécaniques.
Cette nouvelle dynamique économique est plus particulièrement visible dans les Vosges. Après la
crise du textile qui a durement touché ce territoire, les initiatives liées au bois ont servi de modèle
à de nombreuses autres régions et départements en France. L’approche a été basée sur un
ensemble d’actions militantes associant universitaires, architectes, entreprises et responsables
politiques partageant cette même conviction :
« il est possible de penser à la forêt et d’agir avec
le bois ».
L’une des particularités de ce territoire repose sur la propriété forestière, qui est ici
principalement communale ou domaniale. Les élus, qui tiraient de la forêt une partie des
ressources nécessaires au budget de leur collectivité, ont pris conscience qu’ils devaient
contribuer à la promotion du bois à travers les constructions dont ils avaient la responsabilité.
Même si la part du bois reste encore modeste dans la construction individuelle en France (5 %),
elle dépasse 20 % dans les Vosges et l’évolution est réelle et bien visible dans le non-résidentiel
avec des réalisations emblématiques qui font maintenant la fierté du département. Ce dernier
possède aussi un réseau d’entreprises qui se positionne comme leaders en France sur tous les
maillons de la filière forêt-bois. Dans le domaine de l’énergie tirée de la biomasse, la dynamique
de la région s’est également renforcée, et les centrales à la biomasse, adossées à des réseaux
de chaleur, ou en cogénération, voient régulièrement le jour.
Un autre résultat porte sur la mise en place de «
grappes d’entreprises
». Au cœur des Vosges, la
«
Green Valley
» fédère ses activités autour de l’éco-construction et du bois. Initiée en 2009 et
primée par le ministère de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire en 2010, cette grappe
d’entreprises réunit les sociétés de l’économie verte. À commencer par l’établissement français
du groupe norvégien Norske Skog, leader en Europe du papier journal et certifié pour son
système de management environnemental. La Société d’Economie Mixte «
Green Valley
»
permet aux collectivités d’entrer au capital de start-up afin d’accélérer leur déploiement. Il s’agit
de créer 20 activités nouvelles pouvant dégager 100 000 millions d’euros de commandes d’ici 3
ans autour du bois.