4-82
Figure 14. Premier labour sur une parcelle jusque-là dévolue
à l’abattis-brûlis-Burkina Faso 2009
(Photo de l’auteur)
Cela supposait donc d’avoir acquis les moyens d’une reproduction de la fertilité organique
suffisante. Le passage à la traction attelée n’était envisageable qu’à la condition de disposer d’un
nombre de bovins suffisant pour que les apports de fumier se substituent aux friches. De ce point
de vue, les seuls engrais minéraux étaient insuffisants, non seulement parce que leur efficacité
est bien moindre en l’absence de complexe argilo-humique, mais aussi parce que la capacité de
rétention en eau des sols ne permet une bonne levée et une relative résistance des cultures aux
herbes parasites comme le striga (
Striga senegalensis)
.
C’est à cette période que dans la plupart des villages, des familles Peuls ont été autorisées à
s’installer durablement sur les finages des agriculteurs. Premières victimes des grandes
sécheresses, leurs déplacements annuels dans les régions méridionales étaient en effet devenus
bien plus longs. On leur a confié des parcelles à la périphérie des villages et à proximité de zones
de plus en plus exclusivement réservées aux parcours des ruminants. Jusque-là, les contrats de
fumures ne s’opéraient que durant les quelques semaines de saison sèche. Désormais en
parquant les bovins la nuit sur les parcelles en vaine pâture en saison sèche et dans des parcs
attenants aux parcelles en hivernage, les agriculteurs bénéficiaient de quantités appréciables de
fumures accumulées tout au long de l’année. Avec les charrettes, le transport de ces déjections
des parcs d’hivernage vers les parcelles éloignées était envisageable.
Figure 15. Dépôts de fumier sur une parcelle en début d’hivernage- Burkina Faso, 2009
(Photo de l’auteur)