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d’application, adopte, entre autres principes novateurs, l’aménagement forestier durable, le
zonage du territoire forestier national et surtout la participation des populations à la gestion des
ressources forestières et de leurs retombées. En rupture nette avec la logique de gestion
centralisée et exclusive, cette nouvelle orientation permet au gouvernement de se mettre, dans
une certaine mesure, en phase avec l’exigence de l’Agenda 21 relative à la participation des
parties prenantes.
Le Sud-est Cameroun fait partie des zones pionnières où seront expérimentées les nouvelles
options en matière de gestion des ressources forestières et fauniques, notamment l’implication
des populations riveraines et la fiscalité décentralisée. Suivant l’esprit du nouveau code forestier
et dans le cadre des stratégies de lutte contre le braconnage, le service local de l’administration
forestière et ses partenaires (GTZ et WWF) ont donc entrepris de susciter la participation des
populations à la gestion de la faune à travers diverses mesures : zonage participatif de la région,
mise en place des espaces de chasse communautaire, incitation et appui à la création des
organisations villageoises de gestion des ressources fauniques et rétrocession à la population
d’une partie des gains issus de la chasse sportive.
Ainsi, de 1999 à 2001, 14 territoires de chasse communautaire (ZICGC) et 10 concessions de
chasse commerciale (ZIC) vont être créés dans la zone, au même moment que les unités
forestières d’aménagement (UFA), les forêts communales et les parcs nationaux (voir figure 7).
Dans le but d’organiser les populations riveraines afin qu’elles puissent gérer les espaces à elles
réservées pour la chasse (ZICGC), l’administration forestière et ses partenaires vont les amener
à s’organiser dans le cadre d’entités communautaires de base appelées « Comités de
Valorisation des Ressources Fauniques » (COVAREF). Ces entités sont composées de
représentants villageois, désignés par les populations riveraines elles-mêmes, des chefs
traditionnels et d’élus locaux (conseillers municipaux et députés). Entre 1999 et 2002, 9
COVAREF verront le jour pour prendre en charge, non seulement la « gestion » des ZICGC, mais
aussi la part des redevances fauniques réservées à la population locale.