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Quelques
résultats
après 20 ans (Source NSCFP 2011, à moins que citation distincte) :
i) Les Groupements communautaires d’usagers forestiers (GCUF)
1 111 GCUF formés, fonctionnels et officiellement reconnus, incluant 109 239 foyers, soit
97 % des tous les foyers.
Nombre moyen de foyers par GCUF : 131 ; moyenne de 6.5 GCUF par commune (total
172 communes).
Pourcentage de femmes dans les comités des GCUF 35 % (la plupart des jeunes); celui
des castes intouchables 9.9 %. Pourcentage de femmes et d’intouchables en positions
clés sur les comités beaucoup plus faible.
L’absence de cadre légal jusqu’en 1993 pour le transfert de droits et responsabilités aux GCUF
n’as pas empêché leur formation dès 1991 : la demande d’appui par la population pour la
formation de GCUF a été très rapide et la nouvelle Politique forestière était suffisante pour
engendrer le processus. La grandeur d’un GCUF perçue comme optimale par ses membres est
bien inférieure à celle de leur commune administrative et politique. L’intense appui pour le
renforcement des capacités des femmes (qui sont responsables pour la collecte de la majorité
des produits forestiers) et d’autres groupes défavorisés a mené à une augmentation au fil des
années de leur représentation dans les comités des GCUF. Néanmoins, puisque le pourcentage
d’hommes absents des villages a fortement augmenté (pour éviter d’être impliqué dans le conflit
armé et en quête de revenus externes particulièrement dans les pays du Golfe), il sera
intéressant de voir si une fois que les jeunes femmes membres de comités acquièrent plus
d’expérience, la représentation des femmes dans les positions clés sera plus équilibrée.
ii) Aspects forestiers
Surface forestière transférée aux GCUF 100 397 ha, soit 42 % de la surface forestière
totale de 238 422 ha et 70 % de la catégorie «
forêts accessibles aux communautés »
prescrite par le Ministère des Forêts. Surface moyenne
transférée/foyer 0.92 ha.
80 % des GCUF pratiquent régulièrement des opérations sylvicoles.
Amélioration de la condition des forêts gérées par des GCUF : taux de conversion de
forêts clairsemées en forêts denses de 1.2 à 3.4 % annuellement entre 1990 et 2010.
Volume de bois d’œuvre exploité par les GCUF : bien en dessous du volume prescrit
dans leur plan opérationnel, celui-ci ne représentant déjà que 50 % de la croissance
annuelle.
Au-delà de l’intérêt des GCUF pour une gestion durable de leur forêt, d’autres facteurs ont
contribué à une réduction de la pression sur la forêt : le manque croissant de main-d’œuvre (dû
aux possibilités accrues d’emploi particulièrement à l’étranger, au conflit armé et à la scolarisation
croissante des filles et garçons de familles défavorisées) a mené à des changements dans les
systèmes agraires (par exemple forte réduction de la population de bétail et concentration de la
production agricole sur les terres les plus productives) et à une réduction de leur dépendance sur
la forêt (Duplan 2011). La sous-exploitation de la croissance du bois d’œuvre a plusieurs raisons :