Page 127 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_05

Basic HTML Version

5-125
juridiques puisqu’il doit évaluer et formellement approuver les deux documents (considérant aussi
les aspects de durabilité de la gestion forestière). Ce sont principalement les plans opérationnels
qui ont été modifiés avec le temps en fonction d’expériences acquises par les GCUF concernant
la gestion et le développement du potentiel productif de leur forêt, ainsi que d’expériences et de
l’évolution des principes de solidarités concernant la répartition équitable des bénéfices.
Il est estimé que cette stratégie a été porteuse : les GCUF dont la formation n’a pas respecté ces
processus ont souvent eu plus de problèmes et n’ont pas pu atteindre le niveau de
développement potentiel selon les critères économiques, de gouvernance, d’équité et d’utilisation
durable de leurs ressources forestières (NSCFP 2011).
Quelques leçons apprises
La forêt est une ressource autour de laquelle une identité et un fonctionnement
communautaire respectant les principes de bonne gouvernance peuvent se développer si
elle est importante pour les communautés.
Un appui externe intense a été nécessaire sur le long terme et respectant aussi les
principes de bonne gouvernance dans son propre fonctionnement (valeurs,
comportements, transparence), pour, entre autres, obtenir la confiance et le respect des
différents acteurs.
Parmi les bailleurs de fonds, le développement d’une vision commune et l’échange
transparent d’expériences dans un esprit collaboratif ont été cruciaux.
Un monitoring détaillé des processus et résultats selon les critères de gouvernance,
combiné avec des autoévaluations participatives régulières entre acteurs concernés, tant
au niveau des GCUF, que du projet et des Districts a permis de contribuer à l’évolution
positive de la CF du niveau des GCUF et en partie au niveau du cadre législatif et
politique.
Lorsqu’il y a eu des contraintes ou des menaces, il a souvent été possible de les
transformer en potentiels en se basant sur et en faveur de principes de bonne
gouvernance (par la force du pouvoir démocratique). Le non-fonctionnement des
institutions politiques/administratives locales (Communes- Districts) qui auraient été des
acteurs importants ont probablement encouragé les GCUF à développer d’autres
relations et fonctionnements qui leur seront utiles lors de négociation futures concernant
la répartition des rôles et responsabilités entre les GCUF et ces institutions. Les
contraintes, voire les menaces du conflit armé, restreignant fortement la présence du
Service forestier et du personnel du projet sur le terrain, ont permis aux ONG et OCB
locales de développer des capacités pour assumer des tâches préalablement effectuées
par le Service forestier et l’équipe du projet.
L’appui au développement de capacités locales a permis le développement graduel de
différentes formes de multi-partenariat : prestataires de services/secteur privé comme
partenaires des GCUF.