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tout à fait cette divergence apparente. Pour la seule période 2000-2005 commune aux deux
études, une harmonisation des légendes et approches a été réalisée. Celle-ci conduit à un taux
annuel estimé de 0,323 % à partir de la cartographie complète (OSFAC, 2010) pour un taux de
0,32 % selon l’approche par échantillonnage. Une étude comparative détaillée de ces différentes
initiatives est en cours.
Causes et conséquences du changement d’occupation du sol
Les causes du changement d’occupation du sol sont indéniablement anthropiques. La plupart
d’entre elles ont été documentées dans les versions successives des « États des Forêts » et cela
tant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif dans la mesure des données disponibles. Il
apparait qu’actuellement les 2 principales causes de changement du couvert forestier
(déforestation et dégradation) sont dues à (i) l’exploitation de la forêt à des fins énergétiques soit
sous forme de bois brut ou le plus souvent sous forme de charbon de bois et (ii) L’agriculture sur
brûlis pratiquée par la grande majorité des communautés d’Afrique tropicale. La fourniture de bois
de feu ou de charbon de bois et agriculture sur brûlis est d’ailleurs souvent intimement liée.
Les plantations agro-industrielles, l’exploitation des ressources minières ou pétrolières, ont
également un impact direct par la conversion des zones forestières. Que ce soit pour l’installation
des plantations ou l’exploitation des ressources minières ou pétrolières, la pression s’accroit pour
l’établissement de concessions toujours plus nombreuses et étendues.
L’exploitation forestière, formelle et informelle, est une autre source de déforestation et
dégradation. Si l’exploitation forestière extensive en usage dans la sous-région ne conduit
généralement pas à une perte importante du couvert forestier et ne remet pas directement en
cause la pérennité de la forêt, en revanche, les routes forestières constituent des axes de
pénétration qui rendent accessibles des espaces forestiers naguère intouchables.
L’impact de l’exploitation informelle et artisanale, qui se développe en dehors des cadres
réglementaires, est par contre plus préoccupant encore que celui de l’exploitation industrielle. Les
statistiques, les études et les informations concernant ce secteur informel et artisanal sont encore
parcellaires et limitées, mais tout indique que la consommation de bois de l’exploitation informelle
serait de dix fois supérieure à celui de l’exploitation forestière industrielle.
Le changement climatique n’a jusqu’à présent que peu d’effet direct sur le changement des
surfaces forestières. Il reste que les grands fleuves navigables présentent des niveaux d’eau
parfois exceptionnellement bas et cela pour des périodes de plus en plus longues - traduction
directe d’un déficit de pluviométrie en périphérie du basin du Congo. Or l’eau et la forêt étant
indissociables en Afrique centrale, un accroissement de la sécheresse pourrait perturber le
fonctionnement des écosystèmes et accroitre la vulnérabilité des surfaces forestières face aux
feux.