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L’intensité de la perte du couvert forestier est cependant variable en fonction des régions
considérées et est principalement corrélée avec les fortes densités de population et l’intensité des
activités minières. Il apparait qu’actuellement les deux principales causes de changement du
couvert forestier (déforestation et dégradation) sont dues à l’exploitation de la forêt à des fins
énergétiques soit sous forme de bois brut ou le plus souvent sous forme de charbon de bois et à
l’agriculture sur brûlis pratiquée par la grande majorité des communautés d’Afrique tropicale. Les
plantations agro-industrielles, l’exploitation des ressources minières ou pétrolières, ont également
un impact direct par la conversion des zones forestières.
L’industrie forestière ne cause pas une dégradation irréversible, en revanche les routes
forestières constituent des axes de pénétration qui rendent accessibles des espaces forestiers
naguère intouchables. L’impact de l’exploitation informelle et artisanale, qui se développe en
dehors des cadres réglementaires, est par contre plus préoccupant encore que celui de
l’exploitation industrielle. En effet, tout indique que la consommation de bois de l’exploitation
informelle serait de dix fois supérieure à celui de l’exploitation forestière industrielle.
Des signes de déficit pluviométrique liés aux changements climatiques laissent craindre un
accroissement de la sécheresse qui pourrait perturber le fonctionnement des écosystèmes et
accroitre la vulnérabilité des surfaces forestières face aux feux.
Les conséquences directes et indirectes, écologiques, économiques ou sociales de ces
diminutions et modifications des surfaces forestières sont nombreuses. L’auteur mentionne par
exemple, la perte de biomasse, la diminution des surfaces d’écosystèmes à biodiversité élevée,
la perte de production de produits forestiers non-ligneux, un appauvrissement floristique et
faunique de la forêt, l’émission de gaz à effet de serre, un accroissement de l’érosion des sols, un
appauvrissement des sols et une diminution de la régulation des débits et de la qualité des cours
d’eau.
Le rapport indique que les prochaines années seront critiques pour les ressources forestières du
bassin du Congo. La croissance démographique, l’immigration, le développement économique de
la région et l’accroissement des besoins en matières premières au niveau mondial vont
inévitablement accentuer la pression sur les ressources naturelles. Cependant, des plantations
de bois à croissance rapide près des villes et la certification forestière sont porteuses d’espoir.
Dans un tout autre contexte, Jean François Boucher, chercheur et professeur associé à la Chaire
en éco-conseil de l’UQAC, présente le projet « Carbone boréal » et son dérivé « Carbone
tropical », deux projets de recherche sur le potentiel des forêts à séquestrer du carbone pour
contribuer à la lutte aux changements climatiques et à l’adaptation des écosystèmes à ce
phénomène. Initié à l’Université du Québec à Chicoutimi en 2008, le projet « Carbone boréal »
tire son origine de la constatation que de vastes superficies de la forêt boréale fermée étaient
naturellement dénudées en raison de perturbations naturelles successives et que cette ouverture
n’était pas réversible sans intervention humaine. Au Québec, dans le domaine de la forêt boréale